{"id":3696,"date":"2025-09-08T12:24:46","date_gmt":"2025-09-08T10:24:46","guid":{"rendered":"https:\/\/gabzeta.fr\/?p=3696"},"modified":"2026-01-04T09:52:28","modified_gmt":"2026-01-04T08:52:28","slug":"24-anecdotes-fracassantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gabzeta.fr\/?p=3696","title":{"rendered":"67 Anecdotes minuscules, 2002-2006"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Micro-nouvelles \u00e9crites pour un site collectif dont le principe \u00e9tait d\u2019\u00e9crire de courtes anecdotes, dont on avait \u00e9t\u00e9 l\u2019acteur direct, indirect ou le t\u00e9moin\u2026 Le projet a dur\u00e9 de 2002 \u00e0 2008. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"les-cl\u00e9s-du-rasta\">Les cl\u00e9s du rasta<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 22 octobre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a se passe \u00e0 l\u2019arr\u00eat de bus de la part-dieu, direction vers \u00ab\u00a0je rentre chez moi\u00a0\u00bb. Un rasta, noir, d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es sort du centre commercial en courant vers notre bus 28 qui vient de quitter son arr\u00eat pour stopper au feu rouge &#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il a de grosses locks assez longues et se tient son chapeau&#8230; Il est suivi quelques m\u00e8tres plus loin, par une petite fille d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es qui court \u00e9galement de tout son souffle&#8230; Je me dis : quand m\u00eame, il pourrait prendre sa fille dans les bras, ou je sais pas, tant pis ! attendre le prochain bus ! Et puis l\u00e0, le gars il fait tomber son trousseau de cl\u00e9s et comme il court vite il se retrouve devant le bus&#8230; Derri\u00e8re, la fid\u00e8le petite a tout capt\u00e9, elle ramasse les cl\u00e9s au vol et comme le papa n\u2019a pas eu \u00e0 le faire, il a gagn\u00e9 une pr\u00e9cieuse seconde pour convaincre le chauffeur d\u2019ouvrir la porte&#8230; l\u00e0 je dis bravo !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-tr\u00e8s-gros-monsieur\">Le tr\u00e8s gros monsieur<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 23 octobre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il se met \u00e0 pleuvoir alors que je monte dans le tramway. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, je dois franchir l\u2019\u00e9preuve de la poussette vide plac\u00e9e au milieu de l\u2019all\u00e9e, puis je me glisse furtivement et habilement au fond de la banquette ou une femme est assise de biais, son b\u00e9b\u00e9 dans les bras.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Arrive le gros monsieur. Mais alors tr\u00e8s gros monsieur, il peine \u00e0 franchir la poussette et d\u00e9cide de s\u2019assoir face \u00e0 moi. Pendant une fraction de seconde, il s\u2019immobilise au passage de la maman, et je le vois aplatir sur elle et le b\u00e9b\u00e9 ses centaines de kilos. Elle fait la moue, elle a du s\u2019imaginer la m\u00eame chose. Il passe lentement et s\u2019assoit avec peine. Il sourit, il a un air g\u00ean\u00e9. Puis le chauffeur annonce que le tram est bloqu\u00e9 pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-bon-choix\">Le bon choix<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 24 octobre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans la maison de la presse, une mamie interpelle une vendeuse pour lui demander conseil sur une b\u00e9d\u00e9 \u00e0 offrir : c\u2019est pour son petit neveu : \u00ab\u00a0il a 14 ans, c\u2019est plus un b\u00e9b\u00e9\u00a0\u00bb. La vendeuse propose un titeuf, mais vite d\u00e9pass\u00e9e, appelle une coll\u00e8gue en renfort : ast\u00e9risque ? luckyluche ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est plus un b\u00e9b\u00e9\u00a0\u00bb, il a 14 ans, vous savez !\u00a0\u00bb Toutes les trois se mettent \u00e0 feuilleter les quelques s\u00e9ries et donnent leurs avis, elles y connaissent pas, elles en lisent pas, elles savent p\u00f4&#8230; Au moment de partir, je vais les voir, car c\u2019en est trop pour moi : je leur sors un Calvin et Hobbes qu\u2019elles avaient pas encore ouvert et leur dis d\u2019un ton affable et imp\u00e9rieux \u00e0 la fois : \u00ab\u00a0Pour tous les \u00e2ges. C\u2019est un bon choix, \u00ab\u00a0. je passe \u00e0 la caisse avec mon magazine. Elles m\u2019ont remerci\u00e9e, mais \u00e0 leurs t\u00eates je le vois bien qu\u2019elles ne sont pas plus avanc\u00e9es&#8230;<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"invisible\">Invisible<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 27 octobre 2002, par gabz\u00e9ta, lyon<\/p>\n\n\n\n<p>J<strong>e monte dans le bus et l\u00e0 paf ! je m\u2019aper\u00e7ois qu\u2019il y a des contr\u00f4leurs planqu\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. L\u00e0, sans trop savoir pourquoi, j\u2019h\u00e9site \u00e0 sortir mon coupon mensuel pour le biper, je fais comme mon voisin, je regarde ailleurs et je m\u2019assois.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les 6 contr\u00f4leurs se mettent rapidement \u00e0 v\u00e9rifier aupr\u00e8s des gens qui viennent de monter. Mon voisin \u00e9cope d\u2019une amende d\u2019ailleurs, mais moi on ne me regarde m\u00eame pas. L\u2019air plong\u00e9 dans mon magazine&#8230; j\u2019observe, \u00e7a pinaille, \u00e7a blablate&#8230; j\u2019en profite, apparemment, ce soir je suis invisible.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"pornstars-2-rue\">Pornstars 2 rue<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 30 octobre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je quitte le bar et m\u2019appr\u00eate \u00e0 descendre les pentes. En tournant \u00e0 l\u2019angle, je me retrouve face \u00e0 ce couple, l\u00e0, en plein sur mon chemin, en haut des escaliers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gars est agenouill\u00e9 dans ma direction, sa copine s\u2019assoit face \u00e0 lui et commence \u00e0 le sucer. Un peu interloqu\u00e9, je continue ma route&#8230; \u00ab\u00a0oa ! c\u2019est le spectacle, l\u00e0 !\u00a0\u00bb je dis en passant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gars me regarde les yeux dans le vague. Dans les quartiers avec des putes on finit forcement par c\u00f4toyer ce genre de sc\u00e8nes&#8230;. mais l\u00e0, nan, ils sont juste bourr\u00e9s et m\u00eame pas foutu de se mettre dans un des nombreux recoins obscurs de cette rue&#8230; Je descends les escaliers et je me retourne une derni\u00e8re fois quand m\u00eame&#8230; L\u00e0 haut, quelques nanas passent par le m\u00eame chemin et je les entends qui se foutent de leurs gueules.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"on-reste-concentr\u00e9-svp\">On reste concentr\u00e9 SVP<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 1er novembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il fait plut\u00f4t beau pour un matin d\u2019Halloween. La samba r\u00e9sonne dans les rues \u00e9troites de vaise : la batucada d\u00e9file bruyamment, accompagn\u00e9e d\u2019une ribambelle de gamins d\u00e9guis\u00e9s et de monstres sur \u00e9chasses.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les musiciens libres de leurs mouvements profitent du moindre hall d\u2019immeuble, de la moindre cour tester la r\u00e9sonance des instruments. Allez ! plus de bruit ! par l\u00e0 ! une fen\u00eatre ouverte au rez-de-chauss\u00e9e ! Tout en jouant, on en profite pour jeter un oeil. Normal. Ah tiens c\u2019est chez le dentiste ! oh il est en train de travailler un patient \u00e0 la fraise&#8230; ah ben&#8230; il nous regarde en m\u00eame temps d\u2019ailleurs&#8230; On insiste pas, mais on imagine tr\u00e8s bien la suite en rigolant un bon coup. \u00c7a craint, la samba c\u2019est contagieux : monsieur, on reste concentr\u00e9 s\u2019il vous plait !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"samba-di-vieux-con\">Samba di vieux con<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 novembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le son de la Batucada r\u00e9sonne tr\u00e8s fort dans la rue, c\u2019est vrai, et le cort\u00e8ge ne passe pas inaper\u00e7u non plus&#8230; Les gens se retournent, sortent de leurs magasins, se penchent aux fen\u00eatres&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le cort\u00e8ge est sage tout de m\u00eame, il se place sur le trottoir&#8230; et oui, il est 17h, au plus fort de l\u2019embouteillage quotidien de la sortie de Vaise&#8230; Soudain, il pleut, enfin il mouille&#8230; Bizarre quand m\u00eame&#8230; Les musiciens l\u00e8vent la t\u00eate : ah bah oui, le type vient de nous vider une carafe d\u2019eau de son cinqui\u00e8me \u00e9tage ! D\u00e9j\u00e0 les enfants se d\u00e9guisent en monstres dans la rue, mais avec de la musique en plus, l\u00e0 non !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-dernier-centime\">Le dernier centime<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 8 novembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 leader Price, c\u2019est connu, \u00e7a arrive de croiser des gens&#8230; pas communs. \u00c7a fait de l\u2019animation : comme ce couple l\u2019autre fois qui se n\u00e9gociait le bout de gras hyperfort pour chacun des produits qu\u2019ils allaient acheter&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois c\u2019est plus calme, c\u2019est un vieux monsieur qui ne parle pas beaucoup. Il est devant moi \u00e0 la caisse, il a achet\u00e9 cinq paquets de dattes et il lui manque trois centimes, la caissi\u00e8re lui dit : \u00ab\u00a0c\u2019est pas grave, c\u2019est bon !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pas question ! il fait comprendre sans parler, et il sort un billet.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Nan, c\u2019est rien, c\u2019est trois centimes ! j\u2019ai plus de monnaie, allez-y !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019en va, je passe mes courses. En fait il est pass\u00e9 \u00e0 la caisse \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et il tend le billet.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019n\u2019est rien farida !! c\u2019est passqu\u2019il me doit 3 centimes, c\u2019est bon, laisse ! \u00a0\u00bb l\u2019autre lui donne sa monnaie quand m\u00eame et il va la redonner \u00e0 la premi\u00e8re caissi\u00e8re. Elle fait mine de refuser, mais bon, il insiste&#8230; En plus l\u00e0, il a donn\u00e9 plus que trois centimes&#8230; \u00ab\u00a0Monsieur !\u00a0\u00bb Trop tard, il s\u2019en va pour de bon. Il a eu le dernier mot.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sous-la-pluie-battante\">Sous la pluie battante<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 17 novembre 2002, par gabz\u00e9ta, La Garde<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est bien deux heures du matin&#8230; et ce sont des trombes d\u2019eau qui tombent du ciel et envahissent la rue en pente, sur la place du village&#8230; Je regarde innocemment, de derri\u00e8re la porte-fen\u00eatre entrouverte. Le d\u00e9luge ! Une voiture avance doucement sur les flaques et s\u2019arr\u00eate en plein milieu de la rue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur&#8230; tout de suite : le trip&#8230; en panne ? Perdue ? je me demande&#8230; Elle sort en courant&#8230; revient s\u2019abriter dans la voiture quelques minutes plus tard. Je suis vraiment intrigu\u00e9. Un quart d\u2019heure apr\u00e8s elle est toujours l\u00e0. Bon : je me d\u00e9cide je m\u2019avance sur le balcon et sous la pluie battante : je lui fais de grands signes : oh ! \u00e7a va ? Je mime : besoin de donner un coup de fil ?<\/p>\n\n\n\n<p>Elle me voit, tourne la t\u00eate, fait style elle a rien vu, il se passe rien &#8230; Bon je rentre \u00e0 l\u2019abri parce que visiblement, elle s\u2019en fout compl\u00e8tement !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"on-dirait-le-sud\">On dirait le sud<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 18 novembre 2002, par gabz\u00e9ta, Toulon &#8211; La garde<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0Eh ! Moi j\u2019aime les chiens, attention, c\u2019est pas \u00e7\u00e0 ! Mais sans museli\u00e8re, l\u00e0, vous ne pouvez pas le faire monter dans le bus : rapport \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9. Ca ira pour cette fois, ya pas beaucoup de monde&#8230;\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On est en train d\u2019attendre, l\u00e0 pendant que le type essaye vaguement de se justifier&#8230; une mamie s\u2019incruste : \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qui se passe ? Il a pas d\u2019argent pour payer ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mon tour de prendre le billet, \u00e0 tout hasard je lui parle des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9\/ordi qu\u2019il faut emballer si on veut les emmener dans le bus.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oui !! Et les v\u00e9los aussi !! Et puis, bon l\u00e0 nous on est au courant, on fait des stages de s\u00e9curit\u00e9, enfin la semaine qui vient j\u2019en ai un&#8230; !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il d\u00e9marre son bus et continue : \u00ab\u00a0Mais m\u00eame les portables !! moi je savais pas ! dans une station-service \u00e7a peut exploser. Le gars y t\u00e9l\u00e9phonait, il a d\u00e9croch\u00e9 la pompe et blam ! il a eu la main arrach\u00e9e !! Et une autre fois !! Tout un quartier il a explos\u00e9 \u00e0 cause d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone portable dans une station-service !!\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ah ? C\u2019est quoi ? C\u2019est \u00e0 cause euh&#8230; Des ondes ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u00e2che l\u2019affaire et rejoins mon fr\u00e8re qui s\u2019\u00e9tait discr\u00e8tement esquiv\u00e9 dans le fond du bus&#8230; Ah c\u2019est s\u00fbr ! On dirait bien qu\u2019on est dans le sud !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-temps-dune-chaussure\">Le temps d\u2019une chaussure<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 25 novembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je ne comprends pas trop, la chaussure l\u00e0, elle me plait, je voudrais l\u2019acheter&#8230; mais yen a qu\u2019une. Pas de boite, juste plein de chaussures en un exemplaire sur le rayonnage&#8230; ?! je tourne 5 minutes, vais demander : \u00ab\u00a0oui, la deuxi\u00e8me chaussure on la r\u00e9cup\u00e8re \u00e0 la caisse !\u00a0\u00bb&#8230; d\u2019aaaccord, \u00e7a, c\u2019est de l\u2019anti-vol !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bon \u00e9videmment, \u00e0 la caisse, ya pas l\u2019\u00e9tiquette, les vendeuses (deux pour moi tout seul !) s\u2019acharnent, essayent avec plein de chaussures&#8230; puis \u00e7a ya est apparemment, il faut juste retrouver la deuxi\u00e8me dans la r\u00e9serve&#8230; la la la&#8230; Ca fait bien 5 minutes, l\u00e0&#8230; pff, c\u2019est vraiment le bordel \u00e0 mistigriff&#8230; bip bip bip&#8230; ah ! un gars vient de se faire biper en sortant l\u2019air de rien, walkman aux oreilles&#8230; la trentaine&#8230; Il se fait attraper par le vigile avec un blouson qu\u2019est pas le sien&#8230; Il a l\u2019air de s\u00a0\u00bben foutre&#8230; normal&#8230; Ses deux potes arrivent du fond du magasin morts de rires, plut\u00f4t des masses, assez \u00e2g\u00e9s&#8230; le petit chef g\u00e9rant commence \u00e0 m\u00e9chamment pourrir la gueule au vigile pour qu\u2019il fouille les deux autres. Ils n\u2019ont rien &#8211; ils sortent toujours en beuglant. Le p\u2019tit chef est fou de rage tout seul, il veut appeler la police, du coup le troisi\u00e8me larron commence \u00e0 moins rigoler, le menace \u00e0 moiti\u00e9, ptit chef surench\u00e9rit&#8230; Bon&#8230;ces chaussures&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je suis l\u00e0\u00a0\u00bb&#8230; elle est juste derri\u00e8re moi, me tend la boite, l\u2019air visiblement \u00e9mue&#8230; bon je suis sympa, je lui souris et je ne lui fais m\u00eame pas de remarque sur l\u2019organisation et tout.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"intrigues-\u00e0-katmandou\">Intrigues \u00e0 Katmandou<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 5 d\u00e9cembre 2002, par gabz\u00e9ta, Katmandu &#8211; N\u00e9pal , hiver 2001.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mon comp\u00e8re est parti depuis plusieurs heures retrouver une vieille connaissance&#8230; Me voil\u00e0 seul dans le coeur de la vieille ville : ici, cela signifie des rues basses &amp; \u00e9troites compos\u00e9es d\u2019un alignement ininterrompu d\u2019\u00e9choppes ; elles-m\u00eames remplies \u00e0 craquer de fringues de randonn\u00e9es et d\u2019objets baba cool pour touristes en manque de clich\u00e9s&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je zone un peu&#8230; Tout cet \u00e9talage ne me donne envie de rien, alors forc\u00e9ment, je tourne en rond en attendant le retour du comp\u00e8re qui ne devrait pas tarder depuis deux heures d\u00e9j\u00e0&#8230; Ou trois, je sais plus. Un vrai jeu de piste ces rues ! Une fois sur deux, je me trompe de c\u00f4t\u00e9 pour finalement repasser je ne sais comment par le point de rendez-vous&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Aie, revoil\u00e0 l\u2019autre ! \u00c7a fait deux fois qu\u2019il m\u2019alpague en fran\u00e7ais pour qu\u2019on aille boire un th\u00e9&#8230; Grrbl&#8230; L\u00e0, je suis fait, bon. Je le suis, on traverse l\u2019\u00e9choppe d\u2019une \u00e9choppe d\u2019\u00e9choppe pour se retrouver dans un petit boui-boui. Amabilit\u00e9s d\u2019usages&#8230; Il me r\u00e9cite \u00e0 peu pr\u00e8s exactement mon parcours des prochains jours&#8230; \u00c0 croire que tous les \u00e9trangers font la m\u00eame chose, ici ! Apparemment il connait un peu Paris &amp; la r\u00e9gion parisienne&#8230; Bla, bla, bla&#8230; Mais je sens que ya un truc qui cloche&#8230; Il n\u2019est pas l\u00e0 pour \u00e7a&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une vraie tronche de truand nous apporte du th\u00e9 que le gars s\u2019empresse de m\u2019offrir&#8230; Et puis il d\u00e9balle son offre : j\u2019embarque un paquet de bijoux dans mon sac pour les refourguer \u00e0 son pote une fois de retour \u00e0 Paris&#8230; Il dit que c\u2019est sans risque, il a surement raison, des bijoux, y\u2019en a partout ici !! Je suis presque tent\u00e9, puisque je peux toucher une bonne somme (ou au pire : je garde les bijoux, je me dis ).<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis l\u00e0, il me casse tout mon trip d\u2019aventurier-espion-du-toit-du-monde : Bin oui, faut que je les paye ici les bijoux !!! Boh, c\u2019est pas cher, mais bon&#8230; Allez, je parlote encore un moment de tout et de rien et puis je le quitte sans conclure l\u2019affaire. Plus tard, une fois mon comp\u00e8re de retour, il m\u2019explique que \u00ab\u00a0ooooh&#8230; mais c\u2019est une arnaque hyper connue ! vieille comme le monde !\u00a0\u00bb. Ben voyons&#8230;<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"princesse-en-plastique\">Princesse en plastique<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 5 d\u00e9cembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Me voil\u00e0 \u00e0 la caisse n\u00b072 du carrefour&#8230; \u00c9videmment, je suis venu acheter un seul truc \u00e0 la base et je repars avec un panier plein ! Enfin, ya pas vraiment de superflu et je peux m\u00eame faire le fier : ya que du produit frais&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pas de plat cuisin\u00e9, de pizza, de boite de conserve ou de machins au sucre, je passe pour le type qui fait la cuisine, qui mange \u00e9quilibr\u00e9&#8230; ouah ! D\u2019ailleurs, je jette un oeil sur les paniers voisins histoire de voir pour qui ils passent, eux&#8230; Et l\u00e0&#8230; HORREUR ! La mamie devant moi, elle est en train d\u2019acheter cette esp\u00e8ce de panoplie de princesse &#8230; Elle ne va pas oser&#8230;non&#8230;si ! En fait c\u2019est la panoplie officielle de cendrillon, estampill\u00e9 Disney channel et tout&#8230; Franchement, j\u2019aurais honte de filer \u00e7a \u00e0 une gosse et apr\u00e8s lui dire qu\u2019elle ressemble \u00e0 une princesse !<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne r\u00e9siste pas, je demande \u00e0 ma voisine de derri\u00e8re (plut\u00f4t jeune &amp; mignonne d\u2019ailleurs ) : \u00ab\u00a0Franchement, \u00e0 5 ans, vous auriez mis \u00e7a ?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Non, je ne crois pas non. De toute fa\u00e7on, je rentrerais pas dedans\u00a0\u00bb&#8230; Je la regarde, elle fait bien ses 1m80 \u00ab\u00a0Ca c\u2019est s\u00fbr, maintenant, tu rentrerais pas dedans&#8230;\u00a0\u00bb Je rejette un oeil sur la chose en question&#8230; Un doute me taraude l\u2019esprit&#8230; \u00ab\u00a0\u00c7a a l\u2019air d\u2019\u00eatre en plastique en plus\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Ah oui\u00a0\u00bb, dit-elle&#8230;\u00a0\u00bbCarr\u00e9ment tout en plastique !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La couronne, encore je comprends&#8230; mais une robe&#8230; En plastoke. Quand m\u00eame&#8230; pauvre gosse, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle ne va pas trop pleurer quand tout le monde va se foutre de sa gueule. No\u00ebl, c\u2019est cruel parfois.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"op\u00e9ration-coup-de-poing\">Op\u00e9ration coup de poing<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 7 d\u00e9cembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais c\u2019est-y pas mon bus que je vois l\u00e0-bas \u00e0 l\u2019arr\u00eat ?&#8230; Je cours ou je cours pas ? Avec mes 4\/5 sacs de bouffe sur chaque bras, mes poireaux en \u00e9quilibre pr\u00e9caire&#8230; Franchement j\u2019h\u00e9site&#8230; bon. Je le fixe tr\u00e8s fort et psalmodie dans ma t\u00eate : attends-moi\/attends-moi\/alleeeez !!!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Feu vert&#8230; Feu rouge&#8230; 200 m de plus : toujours \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Il est en panne ou quoi ? 300,400 m\u00e8tres et j\u2019y suis ! Mes voeux sont exauc\u00e9s, je monte.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout de suite, je sens comme un je-ne-sais-quoi d\u2019anormal dans l\u2019atmosph\u00e8re&#8230; Je pose mon barda et j\u2019observe&#8230; On est pas tr\u00e8s nombreux&#8230; Ya ce type en face de moi, il se retourne \u00e0 tout bout de champ, jette des regards inquiets devant, derri\u00e8re&#8230; Mmmm&#8230; Stress\u00e9. Les autres gens s\u2019ignorent royalement, mais \u00e7a, c\u2019est du comme d\u2019habitude. On d\u00e9marre, finalement.<\/p>\n\n\n\n<p>Au terminus de cette ligne, il y a le plus gros h\u00f4pital psychiatrique de Lyon : c\u2019est vrai qu\u2019il n\u2019est pas rare de croiser dans le bus quelques pensionnaires de sorties&#8230; Mais l\u00e0 c\u2019est un cas quand m\u00eame : cet autre type derri\u00e8re le chauffeur, donne de grands coups de t\u00eate dans le vide, colle son visage sur la cabine, comme pour essayer de calmer ses spasmes&#8230; Eh, eh. On s\u2019inqui\u00e8terait presque&#8230; Mais il n\u2019a pas l\u2019air de vraiment souffrir&#8230; Ambiance bizarre vraiment&#8230; On le regarde sans le regarder&#8230; Un peu g\u00ean\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019arr\u00eat suivant : eh bien \u00e7a continue ! Je vois ces quatre types louches en bombers&#8230; ils nous regardent m\u00e9chamment, ils cherchent quelqu\u2019un&#8230; Ouh, \u00e7a sent l\u2019embrouille, le r\u00e8glement de compte entre truands ! Et l\u2019autre l\u00e0 qu\u2019arr\u00eate pas de secouer la t\u00eate !! Ils montent et s\u2019approchent d\u2019un passager :\u00a0\u00bbVous pouvez venir avec nous monsieur ?\u00a0\u00bb Le type hoche la t\u00eate et sans un mot descend avec eux. Apparemment ils ont leur compte et blablatent au talkiewalkie en lui contr\u00f4lant ses papiers. C\u2019\u00e9tait le FBI, en fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous on red\u00e9marre&#8230; Le secou\u00e9 et l\u2019autre stress\u00e9 sont toujours de la partie, moi et mes poireaux aussi. Je me surprends \u00e0 me demander qui va \u00eatre le prochain&#8230; Il flotte dans l\u2019air comme un petit parfum de quatri\u00e8me dimension.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"avec-et-sans-les-locks\">Avec et sans les locks<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 12 d\u00e9cembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi &#8211; Acte 1 : le chtit concert reggae est bien entam\u00e9 dans le bar, le rasta aux grosses dreadlocks aussi : il est en train de jumper devant la sc\u00e8ne en fumant un gros joint sous le nez du patron&#8230; \u00e7a le fait moyen. Vingt minutes apr\u00e8s on le retrouve p\u00e9trifi\u00e9 sur une chaise, la bouche ouverte \u00e0 ronfler comme un cochon jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lundi &#8211; Acte 2 : J\u2019ai rat\u00e9 mon bus, je prends le m\u00e9tro. Arriv\u00e9 \u00e0 Saxe, j\u2019observe par la fen\u00eatre un type en train de r\u00e9ajuster son bonnet (bleu) devant la glace sans tain de la station : un coup \u00e0 droite, \u00e0 gauche, de c\u00f4t\u00e9&#8230; coquet le type.<\/p>\n\n\n\n<p>Tiens bah il monte dans ma rame&#8230;.ooola !! il ne marche pas droit, mais alors pas du tout ! Il doit \u00eatre grave bourr\u00e9. Toujours avec son joli bonnet, il prend la pose, se regarde, r\u00e9ajuste le couvre-chef encore, dis trois mots incompr\u00e9hensibles \u00e0 un gars qui l\u2019ignore royalement&#8230; Oups la gravit\u00e9 va frapper ! Il se retient de justesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019observe du coin de l\u2019oeil&#8230; Il fait un peu le spectacle quand m\u00eame !! Regarde \u00e0 gauche, \u00e0 droite, fait la moue et puis le V de la victoire&#8230; Y joue la star tout seul. \u00ab\u00a0Hey !! rasta ! rasta !\u00a0\u00bb Il se met \u00e0 hurler \u00e0 un gars \u00e0 l\u2019autre bout de la rame&#8230; Faut que j\u2019arr\u00eate de le mater sinon, \u00e7a ne va pas louper&#8230; je suis s\u00fbr que jl\u2019ai d\u00e9j\u00e0 vu&#8230; grmlb&#8230;Merde, quand m\u00eame, il me dit vraiment quelque chose&#8230; ouais y me regarde&#8230; mais oui !! c\u2019est&#8230; ! ah ! Mais il s\u2019est coup\u00e9 les locks !! Ouah ! \u00c7a devait faire 10 ans qu\u2019il les avait !!<\/p>\n\n\n\n<p>Oups ! la gravit\u00e9 va&#8230; Bon, faut que je regarde ailleurs. Hou ! \u00e7a y est il arrive, \u00e7a, c\u2019est du tout cuit ! \u00ab\u00a0y\u00e9 ! y\u00e9 !\u00a0\u00bb il tend ses mains&#8230; bon j\u2019en checke deux.. oa, il insiste&#8230; ou\u00e9 checke l\u00e0, ok\u00e9 ! Bon c\u2019est mon arr\u00eat, eh, il va se vautrer sur moi ou quoi ? Un complet-cravate essaye de passer devant lui et alors bonnet bleu veut aussi lui faire le checke-l\u00e0, mais la gravit\u00e9 frappe un coup et il vise grave a c\u00f4t\u00e9 et lui met une bonne tarte. Ouais. Ah, \u00e7a va tr\u00e8s vite. Mais il a de la chance : costard-cravate prend peur et il ne lui en met pas une bonne grosse \u00e0 son tour.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me l\u00e8ve et lui dit : assieds-toi ! assieds-toi ! et puis je sors. Mais bon, lui il s\u2019assied pas, hein.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"un-quart-de-seconde-de-po\u00e9sie\">Un quart de seconde de po\u00e9sie<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 19 d\u00e9cembre 2002, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Boum ! crac ! Tout le monde debout ! Il est dimanche, 9h30 et l\u2019homme Akha vient d\u00e9m\u00e9nager son appart. Il me r\u00e9veille, c\u2019est normal, j\u2019ai dormi chez lui, il y avait une petite f\u00eate dans le quartier. Bon il est press\u00e9, alors, un caf\u00e9 \u00e0 l\u2019arrach\u2019 et c\u2019est parti pour tout vider. On est que trois, un peu l\u00e9ger, mais bon.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une bonne heure \u00e0 monter et descendre les escaliers avec les cartons&#8230; Beuh, j\u2019y vois plus tr\u00e8s clair (faut dire que je n\u2019ai pas mes lunettes), dormi 4 heures, gueule de bois, estomac vide&#8230; \u00c7a devient difficile l\u00e0 !<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors que je suis en train de r\u00e9clamer une pause, tout s\u2019enchaine comme dans un r\u00eave : un rayon de soleil vient frapper l\u2019angle de la fa\u00e7ade o\u00f9 nous nous trouvons, c\u00f4t\u00e9 quais, au bord du 4 voies ; un quatri\u00e8me larron arrive pour nous aider, un sac rempli des meilleures viennoiseries de la Croix-Rousse. Je m\u2019assois sur la chaise \u00e0 roulette que je viens de descendre et l\u2019homme Ed ressort une table basse du camion pour y poser les g\u00e2teaux. Alors que je me jette sur les chaussons coing-abricot, je ressens comme un intense sentiment de po\u00e9sie urbaine, au beau milieu de ce piquenique improvis\u00e9, \u00e0 deux m\u00e8tres de la voie rapide en furie. \u00c7a dure le temps d\u2019un fulgurant quart de seconde et puis s\u2019en va.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"maraboutdficelle\">Marabout\u2019d\u2019ficelle<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 janvier 2003, par gabz\u00e9ta, Paris 18<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0On revient toujours sur le lieu de son crime\u00a0\u00bb comme dirait l\u2019inspecteur canardo ou colombo, je sais plus. Enfin, moi je n\u2019ai pas commis de crime. Pas de forfait, je marche dans la rue c\u2019est tout.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Marabout\u2019d\u2019ficelle ! C\u2019\u00e9tait vers chez moi ya un an ici ! Alors Je marche. Beaucoup m\u00eame&#8230; En terrain connu. Les vacances \u00e0 Paris, c\u2019est le pied ! Il fait nuit, froid. Je me d\u00e9p\u00eache, je suis en retard. Apr\u00e8s un bon moment de ravissement en compagnie du castor qui donne le bain \u00e0 son pitit b\u00e9b\u00e9&#8230; Maintenant, vite ! Direction le fin fond de la goutte d\u2019or, je sais m\u00eame plus vraiment o\u00f9 est le bar&#8230; Mais je dois le retrouver ! concert.. .Amis&#8230; Exceptionnel !<\/p>\n\n\n\n<p>Je traverse Pigalle de part en part&#8230; Les rabatteurs sont l\u00e0&#8230; Je trace, je fais le coq. Pas un seul rabatteur ne me prend pour un touriste (fier !) \u00e0 essayer de me refiler son peep-show ou son bar \u00e0 h\u00f4tesses \u00e0 800 balles la bi\u00e8re (extorsion comprise, mais sans l\u2019h\u00f4tesse).<\/p>\n\n\n\n<p>La grande \u00e9pop\u00e9e. Je marche encore de Barb\u00e8s \u00e0 Jules Joffrin, de la Mairie \u00e0 Stalingrad&#8230; C\u2019est le jour cette fois, le lendemain. Mais il fait toujours aussi froid&#8230; Je finis par faire la pause dans un bar, donne mes coups de fil&#8230; C\u2019est rempli d\u2019une quinzaine de blacks en costards, tenu par un Magr\u00e9bin et ses cousins&#8230; Et vas-y que \u00e7a mate la gazelle et que \u00e7a y va des petits commentaires ! Les chefs d\u2019\u00e9tat&#8230; La C\u00f4te d\u2019Ivoire&#8230; L\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise&#8230; La d\u00e9mocratie tout \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p>Le patron m\u2019apporte mon deuxi\u00e8me kawa et puis en alpague cinq au passage : \u00ab\u00a0Oui l\u00e0 !! faut pas trop pousser le bouchon quand m\u00eame !! Parce que vous \u00eates l\u00e0 depuis ce matin, tous les jours quoi hein ! on prend un caf\u00e9 et puis on reste des heures, toujours ! qu\u2019est-ce qui se disent les gens qui regardent ? Y entrent pas, c\u2019est tout&#8230; Allez ! gentil, oui, trop, \u00e7a d\u00e9borde !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Allez bon, ils se reprennent tous une bi\u00e8re, \u00e7a semble le calmer un peu&#8230;. pour quelques heures. D\u2019autres costards-mallettes entrent et se joignent \u00e0 la cantonade. Moi je quitte les lieux et je reprends ma marche, cette fois vers la Gare de l\u2019est&#8230; Enfin, pour l\u2019instant. Je ne sais pas encore que je me retrouverai \u00e0 la Villette dans deux heures&#8230; Un gros show Ninjatune ! Pour l\u2019instant, j\u2019appelle mon fr\u00e8re : demain on doit partir \u00e0 la recherche de la th\u00e9i\u00e8re d\u2019Alladin&#8230; Euh&#8230;Barb\u00e8s ? Bon mec, on ira a Belleville d\u2019accord ? Comme \u00e7a pour changer.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"nous-apprentis-sdf\">Nous apprentis SDF<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 janvier 2003, par gabz\u00e9ta, Lorient &#8211; Festival Interceltique , \u00e9t\u00e9 1990&#8230; 91 ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pas facile \u00e0 dater tout \u00e7a&#8230; Beaucoup de brouillard&#8230;Hum. On arrive de Vannes avec Hugo et on se fait d\u00e9poser en voiture par maman. On ne va pas aller au camping gratuit du festival&#8230; \u00e7a craint, parait que ya eu un meurtre et tout. Bah, on dormira \u00e0 la belle !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9ambule et on finit par s\u2019endormir : chacun notre banc et notre bouteille de Chouchen&#8230; Jusqu\u2019ici tout va bien ZZZ&#8230; Mais l\u00e0 en plein milieu de la nuit, tout \u00e0 coup, il fait vraiment trop trop froid : la cong\u00e9lation \u00e9thylique !<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est trop dur ! Dans une esp\u00e8ce de sursaut de lucidit\u00e9 comme \u00e0 la guerre du feu, on titube vers la gare et on r\u00e9cup\u00e8re nos sacs de couchage \u00e0 la consigne&#8230; Mais \u00e7a ne le fait pas, l\u00e0&#8230; je n\u2019arrive pas \u00e0 ouvrir les yeux&#8230; Dormir, je veux. Maintenant, tout de suite, l\u00e0 ! une rue ! une porte ! Euh, un escalier qui descend, oui ! C\u2019est \u00e7a ! Par ici ! Ouvert ! Noir&#8230; Lampe de poche ! Dodo.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, j\u2019ouvre les yeux tout coll\u00e9s. Faim. Mal au dos. Bouche p\u00e2teuse. Mais o\u00f9 est-ce qu\u2019on est Hugo s\u2019il te plait ? Une lumi\u00e8re blafarde filtre au travers d\u2019un vague soupirail. Beuh, mais c\u2019est tout mouill\u00e9 par terre ! Qu\u2019est ce que je fous allong\u00e9 dans la sciure entre quatre planches d\u2019\u00e9tag\u00e8res toutes pourries et ces vieux trucs rouill\u00e9s ?<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"cette-ann\u00e9e-je-r\u00e9-so-lu-tionne\">Cette ann\u00e9e je r\u00e9-so-lu-tionne !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 janvier 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le plus dur c\u2019est de la commencer&#8230; La r\u00e9solution. Bin oui ! l\u00e0 par exemple, je devrais \u00eatre couch\u00e9, comme tout le monde, \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e et \u00e0 toutes mes actions : toutes ! Je dois les juger impitoyablement et m\u2019am\u00e9liorer ! Demain.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas ce soir : j\u2019ai re\u00e7u chez moi six invit\u00e9s de marque !! On a mang\u00e9 une fondue remarquable, cuisin\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019une recette secr\u00e8te. Miam, perfecto ! On est tous affam\u00e9s, sauf lui qui est couch\u00e9, mais il est excus\u00e9 parce que \u00e7a fait quatre fois qu\u2019il vomit. Un verre de lait frelat\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, c\u2019est s\u00fbr. Apr\u00e8s la nourriture, on discute&#8230; \u00c0 b\u00e2tons rompus, \u00e7a fuse. On \u00e9voque les vacances (aaah), le travail (oooh), les d\u00e9ceptions de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re (oui bon \u00e7a suffit !) Les d\u00e9m\u00e9nagements de l\u2019ann\u00e9e prochaine (\u00e9h b\u00e9). L\u2019heure tourne. Il faut partir maintenant. On s\u2019embrasse, tchao \u00e0 bient\u00f4t ! Et vla que je me retrouve seul dans le salon. La chambre est prise par le jeune alit\u00e9 et son p\u00e8re \u00e0 son chevet. Booon. Je m\u2019installe innocemment devant l\u2019ordinateur&#8230; Je ne devrais pas plut\u00f4t ranger un peu les restes et tout ? Mmm&#8230; Les r\u00e9-so-lu-tions&#8230; bon, j\u2019ai vachement envie de fumer d\u2019un seul coup. Ca fait un an que j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 le tabac, comme quoi, soyons r\u00e9solus, n\u2019ayons l\u2019air de rien ! c\u2019est possible ! D\u2019ailleurs, ce paquet qui traine l\u00e0&#8230; bouh ! allez ! Le plus dur c\u2019est de commencer une bonne r\u00e9solution ! Je l\u2019ouvre, il reste deux cigarettes, avec un briquet. J\u2019en fume une : je jubile !! Je me retrouve innocemment devant l\u2019ordinateur, la deuxi\u00e8me clope s\u2019\u00e9chappe en volutes de fum\u00e9e. Mes r\u00e9solutions aussi. Demain, je FAIS la vaisselle !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"jme-r\u00e9veille-ce-matin-ta-tin-ta-tin-tin\">J\u2019me r\u00e9veille -ce matin -ta tin ta tin tin<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 10 janvier 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand on voudrait vraiment, vraiment, rester sous la couette et que tous les \u00e9l\u00e9ments autour s\u2019acharnent \u00e0 nous prouver que&#8230; non non, pas moyens. C\u2019est aussi \u00e7a le blues du matin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a ne commence pas tr\u00e8s bien : d\u00e8s le milieu de la nuit. Je suis sur un matelas dans le salon&#8230; Confortable d\u2019habitude, sauf que l\u00e0 il se d\u00e9gonfle inexorablement au fil des heures&#8230; Je m\u2019en rends bien compte parce que je me r\u00e9veille r\u00e9guli\u00e8rement, trop froid aux pieds. \u00c0 moiti\u00e9 endormi, je n\u2019ose pas aller chercher une couverture au fond du placard de la chambre dans le noir, l\u00e0 o\u00f9 dorment mes h\u00f4tes de cette nuit : papa, maman et b\u00e9b\u00e9 castor. Tant pis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le matin ne devrait pas tarder \u00e0 pointer son nez&#8230; Soudain : BBRBRBRBRBRBR-un assourdissant bruit de perceuse brise le silence \u00e0 l\u2019\u00e9tage en dessous ou au-dessus pendant une minute. Horrible. Comme r\u00e9veil du lundi, ya plus doux. J\u2019entends un b\u00e9b\u00e9 brailler dans l\u2019appart \u00e0 c\u00f4t\u00e9, \u00e7a ne va pas louper, b\u00e9b\u00e9 castor va&#8230; Du bruit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ! Apparemment, c\u2019est plut\u00f4t maman karibou qui n\u2019a pas trop la forme, elle va vomir direct&#8230; Beuh&#8230; Si je restais au lit&#8230;mm ? Aah voila le camion poubelle qui s\u2019y met lui aussi ! Allez vas-y ! Fais-les toutes tomber par terre tiens ! Histoire de r\u00e9veiller les morts zzz&#8230; Zzz&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>DDRIINNNG&#8230; hein ? Quoi ? l\u2019interphone ! je n\u2019y crois pas&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Bonjour ! C\u2019est le facteur pour un recommand\u00e9 !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Grmbl\u00a0\u00bb la loi des s\u00e9ries.<\/p>\n\n\n\n<p>OK, j\u2019ai compris, j\u2019abandonne. J\u2019avance vers la cuisine dans une esp\u00e8ce de brume mentale&#8230; Dans ce genre de cas, soit je suis d\u2019une humeur massacrante, soit je ne sors que des vannes absurdes \u00e0 mon entourage pendant deux heures&#8230; Bon, allez ! Juste m\u2019habiller et sortir dans le froid : direction la boulangerie ! On verra ensuite&#8230;<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"trop-de-b\u00eates-dans-le-lit\">Trop de b\u00eates dans le lit !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 janvier 2003, par gabz\u00e9ta, Paris 1997<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 Bastille, c\u2019est quand m\u00eame un peu sp\u00e9cial&#8230; Beaucoup de bars, beaucoup de bruit, beaucoup de bars&#8230; Etc. Mais une fois pass\u00e9e cette lourde porte au bout de la rue de Lappe&#8230; On change d\u2019espace-temps !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du silence, des fleurs, des arbres&#8230; Et m\u00eame un lapin ou deux ! Le pote qui logeait l\u00e0 recevait souvent du monde dans son tout petit-petit studio sous les toits. Beaucoup de gros son et de gros matos au programme&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9t\u00e9 o\u00f9 il avait laiss\u00e9 ses cl\u00e9s en partant en vacances, on n\u2019a pu s\u2019emp\u00eacher de passer avec la petite clique, emprunter quelques c\u00e9d\u00e9s \u00e0 enregistrer dans l\u2019incroyable collection du comp\u00e8re&#8230; Il appr\u00e9ciait moyennement \u00e7a, d\u00e9j\u00e0 quand on le lui demandait, alors en douce.. Chacun s\u2019est donc \u00e9clips\u00e9 avec son butin, se promettant de faire tr\u00e8s vite pour le ramener discr\u00e8tement deux jours apr\u00e8s&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Voulant passer un peu de temps \u00e0 choisir dans toutes ces piles de disques, je me dis que je vais passer la nuit sur place&#8230; Quand finalement je me d\u00e9cide \u00e0 me coucher, c\u2019est que vraiment je ne tiens plus la route. Je m\u2019\u00e9croule&#8230; Pour m\u2019apercevoir rapidement que je ne suis pas seul&#8230; Une piqure l\u00e9g\u00e8re, puis une autre et encore une&#8230; Merde ! Ya quelque chose l\u00e0 !! Je rallume : \u00e7a grouille et \u00e7a pique !! Mais c\u2019est bourr\u00e9 de puces qui sautillent sur le matelas !! Vives comme l\u2019\u00e9clair et assoiff\u00e9es de mon sang, elles ne m\u2019ont pas loup\u00e9es de toute la nuit et moi, cach\u00e9 tout au fond de la couette je me maudis d\u2019\u00eatre rest\u00e9, moi et ma convoitise \u00e0 la con&#8230; Pour quelques c\u00e9d\u00e9s de plus !!<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"carboniser-une-livre-de-patates-en-10-minutes-ou-plus\">Carboniser une livre de patates en 10 minutes (ou plus)<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 f\u00e9vrier 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre ceux qui laissent le caf\u00e9 sur le feu, ceux qui ratent le riz avec un autocuiseur ou ceux qui transforment les p\u00e2tes en ciment : en cuisine, c\u2019est chacun sa sp\u00e9cialit\u00e9, chacun son petit secret de fabrication.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Moi, j\u2019ai personnellement r\u00e9ussi un grand coup la semaine derni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est 14 heures et j\u2019ai tr\u00e8s faim, je travaille devant l\u2019ordi depuis plusieurs heures. Je me d\u00e9cide pour des patates saut\u00e9es&#8230; C\u2019est un peu long, mais \u00e7a vaut le coup, avec une petite c\u00f4te de porc grill\u00e9e \u00e0 la po\u00eale&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Je les \u00e9pluche et les d\u00e9coupe patiemment, puis les plonge un court moment dans l\u2019eau bouillante. J\u2019en profite pour faire la vaisselle, c\u2019est carr\u00e9, organis\u00e9, minut\u00e9. \u00c0 la fin de la vaisselle, elles sont pr\u00eates \u00e0 passer \u00e0 la po\u00eale. La friture, c\u2019est sympa, mais c\u2019est mieux avec la fen\u00eatre ouverte&#8230; Bon, il fait trop froid, alors je ferme plut\u00f4t la porte et passe au salon.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est en place&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fraction de seconde durant, une petite voix me dit&#8230; \u00ab\u00a0M\u00e9fie-toi&#8230; Porte ferm\u00e9e : sons \u00e9touff\u00e9s !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je suis d\u00e9j\u00e0 devant l\u2019ordinateur, du genre sur un truc passionnant&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout a \u00e9t\u00e9 fait dans les r\u00e8gles de l\u2019art ! C\u2019est pourquoi lorsque je retourne \u00e0 la cuisine c\u2019est l\u2019apocalypse intergalactique, l\u2019asphyxie totale, la mort atroce d\u2019une po\u00eale t\u00e9fal et d\u2019une livre de patates horriblement tortur\u00e9es&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00eatre s\u00fbr d\u2019avoir bien compris la le\u00e7on et puis j\u2019ai vachement envie de patates saut\u00e9es, je recommence \u00e0 l\u2019\u00e9tape z\u00e9ro, mais avec la fen\u00eatre ouverte cette fois, parce que \u00e7a pue vraiment le charbon&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de retourner \u00e0 nouveau sur l\u2019ordinateur, la petite voix revient et me demande si je sais retenir une le\u00e7on ou si je suis vraiment stupide&#8230; Mais je vous rassure : la deuxi\u00e8me fourn\u00e9e \u00e9tait quand m\u00eame un peu moins brul\u00e9e !! En tout cas je l\u2019ai mang\u00e9e pour me punir.<\/p>\n\n\n\n<p>Postscriptum : J\u2019ai pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 et le lendemain, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 ressortir de la cocotte minute tout un tas de carottes bien cram\u00e9es dehors et liqu\u00e9fi\u00e9es dedans. Tout un art.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"\u00e0-la-brigade-des-fiches\">\u00c0 la brigade des fiches<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 7 mars 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bienvenue \u00e0 la Cit\u00e9 administrative d\u2019\u00c9tat de Lyon ! Toutes les d\u00e9clarations d\u2019imp\u00f4ts 2002 de la r\u00e9gion passeront par ici \u00e0 un moment ou un autre de ce mois&#8230; Alors, \u00e7a d\u00e9conne pas, c\u2019est du s\u00e9rieux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Moi, c\u2019est mon troisi\u00e8me jour au service courrier du service des imp\u00f4ts. Il est 9h15, j\u2019attends le moment avec impatience : \u00e7a va \u00eatre l\u2019heure de la grande transhumance des grattes papier ! Pendant 30 minutes, pas plus, les services peuvent venir d\u00e9poser et prendre leur courrier. Apr\u00e8s on ferme les volets des casiers, ya plus moyen, non, mais ! l\u2019heure c\u2019est l\u2019heure ! C\u2019est vrai qu\u2019ils ne sont pas tr\u00e8s disciplin\u00e9s&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>AH ! Ils commencent \u00e0 arriver par grappes de deux ou trois, avec leurs petits caddies, comme \u00e0 Casino, ils sont trop beaux. Je les observe du coin de l\u2019oeil de mon c\u00f4t\u00e9 de la pi\u00e8ce, derri\u00e8re le mur de casiers aux noms improbables : Recette principale, hypoth\u00e8ques, CDI, Brigade financi\u00e8re, brigade des fiches, Lyon pref, 1,2,3, gerland, V\u00e9nissieux, arriv\u00e9e\/D\u00e9part&#8230;Il y en a 150 comme \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Bonjour, en avance aujourd\u2019hui ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Euh, non\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ahah, certains ont rat\u00e9 une grande carri\u00e8re de comique \u00e0 la Chevalier &amp; Laspal\u00e8s&#8230; En plus ils y ressemblent, ils sont habill\u00e9s pareils et ont la m\u00eame moustache (femmes y compris, sauf celle qui vient de passer une semaine de vacances au solarium, elle est trop grill\u00e9e ; et puis l\u2019autre \u00ab\u00a0Eh ! j\u2019ai boss\u00e9 ! eh ! j\u2019ai essay\u00e9 de coller les \u00e9tiquettes recommand\u00e9 dans le bon sens aujourd\u2019hui !\u00a0\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p>On dirait que c\u2019est LA sortie, la distraction de la journ\u00e9e. \u00c7a papote, \u00e7a s\u2019entraide parfois, car ils ont du mal \u00e0 se faire au nouveau syst\u00e8me de classement. Ya les perdus qui ne trouvent pas le casier de la brigade des fiches (moi non plus, faut dire) ; les r\u00e2leurs aussi, qui font grincer expr\u00e8s leurs caddies, le r\u00e2leur est d\u2019ailleurs souvent maladroit. PLAF \u00ab\u00a0aba nooon !\u00a0\u00bb, voil\u00e0 quand on fait pas attention, tout est m\u00e9lang\u00e9 par terre, comment on va faire pour trier entre nous deux !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a le carr\u00e9ment g\u00e2teux qui passe de notre c\u00f4t\u00e9 de la pi\u00e8ce et qui balance d\u2019un air digne tout son courrier dans le sac qu\u2019on est en train d\u2019affranchir&#8230; Ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019il passe, mais quand \u00e7a arrive, c\u2019est un grand moment de bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p>Postscriptum : Toute ressemblance avec des personnages r\u00e9els employ\u00e9s dans une grande administration ne serait que pure co\u00efncidence totalement fortuite, voire pas de bol.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-retour-de-la-brigade\">Le retour de la brigade<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 8 mars 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est l\u2019apr\u00e8s-midi, on est en plein classement quand un coll\u00e8gue qui travaille au-dessus d\u00e9boule avec son portable : \u00ab\u00a0Marco, si t\u2019as une minute, \u00e9coute \u00e7a, tu vas te marrer\u00a0\u00bb. Aie ! je m\u2019attends \u00e0 tout&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9coute d\u2019une oreille parce que notre classement demande un peu de concentration : il faut d\u00e9chiffrer des piles de documents administratifs pour les faire exp\u00e9dier dans les centres de traitements correspondants \u00e0 leurs communes&#8230; Apr\u00e8s plusieurs tentatives, le coll\u00e8gue finit par joindre son interlocuteur dans un autre service : \u00ab\u00a0Voil\u00e0, je suis en train de r\u00e9ceptionner les commandes que je vous ai fait passer. Je suis un peu surpris, parce qu\u2019il y a beaucoup de cartons.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai v\u00e9rifi\u00e9 sur le bon de commande que je vous ai transmis : j\u2019avais demand\u00e9 \u00e0 commander dix-mille bordereaux pour les pochettes et l\u00e0 j\u2019en re\u00e7ois soixante-mille. Il m\u2019en restait vingt-mille en r\u00e9serve, je fais un calcul rapide, \u00e7a en fait quand m\u00eame trente-mille de trop !<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, je v\u00e9rifie les \u00e9tiquettes en rouleaux que j\u2019ai command\u00e9s : oui, en rouleaux, ah oui, c\u2019est en planche l\u00e0, j\u2019ai bien compris, \u00e7a doit \u00eatre pour \u00e7a qu\u2019il y en a deux palettes de trop ! ah ! C\u2019est parce qu\u2019il y en a mille par cartons d\u00e9sormais, au lieu de deux-mille avant&#8230; Comment ? Bin non si j\u2019\u00e9cris en rouleaux, c\u2019est parce que j\u2019ai besoin d\u2019\u00e9tiquettes en rouleaux. De toute fa\u00e7on, c\u2019est du format 10 X 12 cm que j\u2019avais \u00e9crit et l\u00e0 j\u2019ai re\u00e7u du 12 X 10&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il explique \u00e7a sur un ton tr\u00e8s diplomate et tr\u00e8s poli (j\u2019imagine que la direction du service des achats ou je ne sais pas quoi, il ne faut pas d\u00e9conner avec eux ) : \u00e7a donne un dialogue un peu surr\u00e9aliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il finit par raccrocher, avec un air plut\u00f4t blas\u00e9. Il ne le sait pas encore, mais un peu plus tard il va y avoir un giga stock de chemises cartonn\u00e9es de couleurs qui va arriver avec la mauvaise couleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Post-Scriptum : (Toute ressemblance, blabla fortuite, blabla involontaire, bla etc.)<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"lhyperactivit\u00e9-peut-tuer\">L\u2019hyperactivit\u00e9 peut tuer<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 19 mars 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Petite sc\u00e8ne \u00e0 la gare de la Part-Dieu, c\u2019est jour de gr\u00e8ve et on nous barre l\u2019entr\u00e9e des 3 pauvres guichets ouverts :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En attendant que mon comp\u00e8re n\u00e9gocie son passage aupr\u00e8s d\u2019un gros vigile, j\u2019observe une petite fille apparemment atteinte du syndrome d\u2019hyperactivit\u00e9 aig\u00fce qui consiste \u00e0 sauter partout en donnant des grands coups de ballon de baudruche \u00e0 ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e8re lui donne l\u2019ordre d\u2019arr\u00eater imm\u00e9diatement, elle est occup\u00e9e \u00e0 chercher quel train ils pourraient bien prendre et elle semble \u00e0 bout&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Bon maintenant tu t\u2019arr\u00eates tes conneries ! Parce que l\u00e0 c\u2019est vraiment pas le jour ! Et que je suis capable de te faire passer \u00e0 travers la vitre si tu continues !!!\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La fillette a bien recul\u00e9 de trois m\u00e8tres suite \u00e0 la menace, mais elle recommence \u00e0 sautiller.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9g\u00e8rement choqu\u00e9 par cette mani\u00e8re de parler \u00e0 un gosse de quatre ans, je me d\u00e9cide \u00e0 jeter un regard noir au couple&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le p\u00e8re se met \u00e0 lui ass\u00e9ner un \u00ab\u00a0A-Rrr-RETE !\u00a0\u00bb particuli\u00e8rement mena\u00e7ant, je r\u00e9alise qu\u2019il fait vraiment peur et que c\u2019est un gros malabar, alors je d\u00e9cide simplement de pester int\u00e9rieurement contre les parents irresponsables qui traitent leur gosse comme un pauvre chien. Voil\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"les-gens-ne-se-parlent-plus\">\u00ab\u00a0Les gens ne se parlent plus\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 mars 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Assis dans l\u2019herbe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Bellecour, j\u2019ai un petit peu de temps devant moi. Je sors un livre, il fait beau, les gens sont dehors. Je regarde une sc\u00e8ne de m\u00e9nage au loin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gars n\u2019a pas l\u2019air commode. Il doit lui gueuler dessus \u00e0 3 cm du visage. Elle lui r\u00e9pond, semble-t-il. Bon j\u2019essaye de me plonger dans \u00ab\u00a0L\u2019utopie de la communication\u00a0\u00bb, mais mon regard revient irr\u00e9sistiblement vers eux&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je peux m\u2019assoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de vous ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Hein ? Quoi ? Je n\u2019ai pas vu venir ce jeune type au p\u2019tit look de dandy volontairement n\u00e9glig\u00e9. Il s\u2019assoit. Je me m\u00e9fie spontan\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Les gens ne se parlent plus, ils sont l\u00e0, ils s\u2019ignorent. Moi je voudrais juste discuter un peu.\u00a0\u00bb (Arg, un d\u00e9prim\u00e9) \u00ab\u00a0Oui, mais l\u00e0 c\u2019est que, euh, je suis en train de lire&#8230;\u00a0\u00bb (Il a l\u2019air d\u00e9\u00e7u) \u00ab\u00a0Enfin, pourquoi pas ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je m\u2019appelle Bidule (j\u2019ai oubli\u00e9), je suis en terminale, j\u2019attends pour un cours de Maths, alors voil\u00e0 je passe le temps\u00a0\u00bb. (Arg, un djeun \u00e0 quelques mois du bac. Je veux bien jouer le jeu, mais \u00e7a va \u00eatre dur d\u2019avoir l\u2019air int\u00e9ress\u00e9, l\u00e0 quand m\u00eame). Il tente d\u2019aborder divers sujet, pour me cerner ou un truc du genre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Quel \u00e2ge vous avez ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(bon, on peut se tutoyer, tu sais)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Tu fais quoi dans la vie ? Du travail ? Des passions ? Tu fumes ? Et la musique ? (Pfff. Je r\u00e9ponds mollement, mais je ne peux pas m\u2019emp\u00eacher de porter mon attention sur la sc\u00e8ne de m\u00e9nage qui continue de plus belle. Elle a profit\u00e9 qu\u2019il allait taxer une clope pour partir t\u00e9l\u00e9phoner, alors il lui court apr\u00e8s et entre dans la cabine avec elle !)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ah ! Et pourquoi tu es parti de Paris ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Douliloulililouli oh ! mon portable&#8230; Sauv\u00e9 par le gong. En attendant, je lui refile mon bouquin \u00e0 feuilleter.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est mademoiselle O. Elle me parle en anglais, alors je lui r\u00e9ponds pareil, \u00e7a donne un p\u2019tit style. Cool ! Elle arrive, elle va passer dans 5 minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je raccroche et j\u2019essaye d\u2019entamer un dialogue autour de cet excellent petit ouvrage sur le mythe du \u00ab\u00a0village plan\u00e9taire\u00a0\u00bb [1], mais sans grand succ\u00e8s, il trouve que \u00e7a a l\u2019air compliqu\u00e9. J\u2019insiste pas. Il veut que je parle de mes \u00e9tudes&#8230; (C\u2019est dingue cette histoire ! Ils sont encore dans cette cabine t\u00e9l\u00e9phonique l\u00e0-bas ? \u00c7a craint&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Moi je voudrais faire de la Psycho \u00e0 la fac, c\u2019est pas forcement s\u00fbr comme voie, mais l\u00e0, je me sens \u00e9touff\u00e9 dans mon bahut priv\u00e9.\u00a0\u00bb(Ah bah voil\u00e0 ! ils se d\u00e9cident \u00e0 en sortir de cette cabine. Lui, il part d\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle de l\u2019autre et puis hop ! \u00c7a y est-il lui court encore apr\u00e8s ! Ah ben tient, ils tournent au coin de la rue. B\u00f4a, comme \u00e7a, je vais pouvoir me concentrer sur ce que me dit l\u2019autre&#8230; Oh ! Voil\u00e0 mademoiselle O. qui vient de tourner au coin de la rue !)<\/p>\n\n\n\n<p>Elle arrive. C\u2019est l\u2019heure de cesser la conversation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0On pourrait peut-\u00eatre se serrer la main ? Tu vois que c\u2019\u00e9tait pas si mal de se parler un peu comme \u00e7a&#8230;\u00a0\u00bb (Il me souhaite le bonjour, je ne lui souhaite pas un bon cours de maths. je compatis quand m\u00eame, j\u2019ai eu 4\/20 \u00e0 l\u2019\u00e9poque&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>Notes : [1] L\u2019utopie de la communication, par Philippe Breton. Ed. La d\u00e9couverte\/poche essais. 7 euros. 169p. \u00ab\u00a0Pourquoi la communication a-t-elle pris autant de place dans nos soci\u00e9t\u00e9s modernes ? Est-ce seulement \u00e0 cause de la prolif\u00e9ration des t\u00e9l\u00e9viseurs et autres \u00ab\u00a0machines \u00e0 communiquer\u00a0\u00bb ? Dans cet essai, Philippe Breton affirme qu\u2019on ne peut se satisfaire de cette explication triviale et avance une th\u00e8se beaucoup plus radicale : la communication est devenue une nouvelle utopie, d\u2019autant plus conqu\u00e9rante que les grandes id\u00e9ologies sont en crise. Cette utopie est celle d\u2019un \u00ab\u00a0Homme sans int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, r\u00e9duit \u00e0 sa seule image, dans une soci\u00e9t\u00e9 rendue \u00ab\u00a0transparente\u00a0\u00bb par la gr\u00e2ce de la communication&#8230;\u00a0\u00bb Si j\u2019ai le courage, je vous ferais une fiche de lecture&#8230;<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"dans-la-mar\u00e9e-humaine\">Dans la mar\u00e9e humaine<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 28 mars 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il fait chaud, tr\u00e8s chaud, au milieu de cette mar\u00e9e enfum\u00e9e d\u2019un bon millier de personnes. Les gens hurlent et sautent en l\u2019air. Moi aussi, d\u2019ailleurs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En face de nous c\u2019est Asian Dub Foundation en concert l\u00e9g\u00e8rement hyst\u00e9rique. Les tchatcheurs beuglent dans le micro, plus fort que le batteur qui tape comme un sourd ; du coup, le percussionniste passe inaper\u00e7u malgr\u00e9 ses coups de massue sur un tamtam g\u00e9ant qu\u2019il tient en bandouli\u00e8re. (Je parle pas du DJ qui rajoute des breakbeats, du bassiste qui rajoute des basses, ni du guitariste qui s\u2019excite pas mal par moment).<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, une esp\u00e8ce de transe monte de la foule, une \u00e9nergie compl\u00e8tement hypnotique. Un gars monte sur la sc\u00e8ne et se jette comme un malade dans la mar\u00e9e humaine, qui le porte jusqu\u2019au bout de la salle. Ah v\u2019la qu\u2019ils se mettent tous \u00e0 faire \u00e7a !! Ya m\u00eame des nanas !<\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi qui suis au milieu, \u00e7a devient vachement strat\u00e9gique pour \u00e9viter ces slameurs comme on dit. C\u2019est comme au jeu vid\u00e9o&#8230; Un \u00e0 droite, deux \u00e0 gauche&#8230; Attention ! celui-l\u00e0 change de direction !! Aie aie aie ! le voil\u00e0 !! Vite, on tend les bras et on le pousse le plus loin possible&#8230; Au suivant !<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai l\u2019air concentr\u00e9 comme \u00e7a, mais en fait \u00e7a ne loupe pas \u00e9videmment, je l\u00e8ve la t\u00eate pile au moment o\u00f9 un cr\u00e9tin de slameur passe au-dessus et je me mange une de ces baskets en pleine poire (et la jambe qui va avec).<\/p>\n\n\n\n<p>Halala ! Moi qui croyais qu\u2019un slameur c\u2019\u00e9tait juste une personne qui r\u00e9cite des po\u00e8mes \u00e0 capella dans un bar contre un verre de bi\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-foire-de-lyon-tout-y-bon\">La foire de Lyon : \u00ab\u00a0Tout y bon !\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 5 avril 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Annonc\u00e9 comme LE \u00e9v\u00e8nement du moment sur Lyon, on me propose d\u2019aller y faire un tour. Alors je dis, \u00ab\u00a0pourquoi pas !\u00a0\u00bb C\u2019est gratuit&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Gratuit, gratuit&#8230; Enfin je veux dire, l\u2019invitation qu\u2019on me donne est gratuite, sinon c\u2019est payant ! Heureusement pour eux qu\u2019ils refourguent des invitations par milliers, parce que devoir payer pour entrer dans un magasin, m\u00eame g\u00e9ant, \u00e0 mon avis faut \u00eatre un peu con.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, de toute fa\u00e7on mon portemonnaie est vide, c\u2019est juste pour la ballade touristique, voir ce qu\u2019ils nous proposent dans ch\u2019te foireu&#8230; Vais-je pouvoir manger et boire \u00e0 l\u2019oeil tel le pique-assiette de base, comme une fois au Salon du Gout de Paris ?<\/p>\n\n\n\n<p>Eh ben m\u00eame pas !! D\u00e9j\u00e0 : la moiti\u00e9 des stands sont occup\u00e9s par des piscines de jardins, des jacuzzis en faux bois et des barbecues \u00e0 trois \u00e9tages ! Si t\u2019es pas Homer Simpson, passe ton chemin en hurlant les yeux ferm\u00e9s !!<\/p>\n\n\n\n<p>On traverse les stands de v\u00eatements ethniques en 20 secondes&#8230; Ayant habit\u00e9 deux ans avec un sp\u00e9cialiste de la fringue du bout du monde, s\u2019il y a une chose que j\u2019ai bien comprise, c\u2019est que c\u2019est pas dans ce genre de salon qu\u2019on fait une affaire !<\/p>\n\n\n\n<p>On est en train d\u2019essayer d\u2019\u00e9viter tant bien que mal l\u2019\u00e9norme section \u00ab\u00a0outillage de jardin\u00a0\u00bb, parce que Mademoiselle O. ne veut pas croiser le client qui lui a refil\u00e9 les invits&#8230; Et l\u00e0 on arrive devant un stand de canap\u00e9s, super design. Personne ne nous regarde ? Allez, on teste&#8230; On s\u2019assoit&#8230; Un peu comme-ci&#8230; Un peu comme \u00e7a&#8230; Et l\u00e0, catastrophe ! le vendeur d\u00e9boule avec le sourire du carnassier suppliant (\u00e7a donne un dr\u00f4le de m\u00e9lange). Il sait pertinemment qu\u2019on ne va pas en acheter un seul de canap\u00e9, mais trop tard ! On est pris dans son filet et il nous passe toute sa le\u00e7on en revue. Il tient bien sept minutes (c\u2019est long) \u00e0 nous la secouer, \u00e0 grand renfort de gestes et de mimiques convaincues, comme quoi \u00ab\u00a0la tendance cr\u00e9a-teur de-sign aujourd\u2019hui, c\u2019est-le-VAUTRAGE : on s\u2019assoie plus dans un canap\u00e9, on-se-vautre ! On retourne \u00e0 l\u2019Empire Romain ! D\u2019ailleurs ! on peut m\u00eame pas s\u2019assoir normalement dans un canap\u00e9 comme cela ! Blabla,blabla\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble mourir d\u2019envie de nous montrer, tellement il en est convaincu, ou tellement il s\u2019emmerde ce jour-l\u00e0 ! Bon, il ne nous propose pas&#8230; Il faut dire qu\u2019on est loin d\u2019avoir l\u2019air passionn\u00e9s : moi je fais un terrible effort pour donner l\u2019impression d\u2019avoir l\u2019air d\u2019\u00e9couter, tandis que Miss a visiblement l\u2019esprit deux stands plus loin, pour ne pas dire dans une autre dimension&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>On finit pas s\u2019en d\u00e9coller Sluuuurp et \u00e0 s\u2019enfuir vers les stands de nourriture.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u00e0, d\u00e9ception encore une fois : peut-\u00eatre est-ce parce qu\u2019on est en semaine et qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de monde ? Ou alors ils ne sont vraiment pas bonhommes sans une liasse de billets secou\u00e9e sous le nez ? Les radins ! Finalement, on se dit qu\u2019on va se poser \u00e0 un stand de vin, l\u00e0 sur un tonneau et se PAYER un petit verre, tout simplement. Mais le monsieur (n\u00e9gociant) en d\u00e9cide autrement. Il a pass\u00e9 une tr\u00e8s bonne journ\u00e9e apparemment, du coup, on ne paye rien et il nous fait gouter toute sa production de c\u00f4te de Beaune et d\u2019Hospice truc pour-le-plaisir !<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. On ressort en titubant l\u00e9g\u00e8rement dans le m\u00e9tro, avec le sourire b\u00e9at de l\u2019objectif atteint, la mission accomplie.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-p\u00e9tanque-cest-traitre-parfois\">La p\u00e9tanque, c\u2019est traitre parfois<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 15 mai 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 la base, ce dimanche-l\u00e0 on devait partir visiter le palais du facteur Cheval \u00e0 100 km&#8230; Mais en fait le matin y\u2019avait plus de cheval&#8230; Euh de voiture ! Alors comme des terrains de p\u00e9tanques y\u2019en a plein, on s\u2019est tap\u00e9 26 parties \u00e0 la suite !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il fait beau, en plus on a le grand terrain pour nous quatre, sur une place sympa \u00e0 mi-hauteur des pentes de la Croix-Rousse. On s\u2019amuse, on y va tranquille. D\u00e8s fois des petits papis nous observent du coin de l\u2019oeil &#8211; bin oui on est des jeunes et on joue aux boules, \u00e7a, c\u2019est fortiche diou ! &#8211; Ou alors c\u2019est carr\u00e9ment une bande de touristes en vadrouille litt\u00e9ralement fascin\u00e9s, \u00e7a doit avoir l\u2019air \u00ab\u00a0so frenchy\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 un papi s\u2019assoit sur le banc, mais vraiment \u00e0 20 cm du cochonnet. Il nous regarde jouer (sans en avoir l\u2019air)&#8230; Une partie, deux parties, dix parties&#8230; Et puis d\u2019un seul coup il se l\u00e8ve comme un fou et boitille \u00e0 travers le jeu de boules en sautillant, le rictus et la bave aux l\u00e8vres !<\/p>\n\n\n\n<p>On le suit du regard, l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9concentr\u00e9s tout de m\u00eame&#8230; Il s\u2019\u00e9tait pos\u00e9 l\u00e0 tranquillement pour attendre son bus, mais son bus ne l\u2019a pas attendu, lui ! le salaud lui passe pile sous le nez.<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9p\u00e9 ne revient pas s\u2019assoir. Il se d\u00e9cide \u00e0 remonter en haut des pentes \u00e0 pied, quoi. Il boite, \u00e7a doit \u00eatre hyper chiant, je pense que l\u2019on ne l\u2019y reprendra plus.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"remember-stone\">Remember Stone !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 19 mai 2003, par gabz\u00e9ta, Paris<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De passage sans pr\u00e9venir \u00e0 Paris, un plan sympa se pr\u00e9cise pour le soir avec des potes pas vus depuis plusieurs mois : Un repas de quartier en plein air sur une petite place entre le Sentier et la rue Montorgueil&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand on y arrive, il est d\u00e9j\u00e0 tard et il fait pas tr\u00e8s beau ; ceci dit l\u2019ambiance est sympa et bonne enfant, une cinquantaine de jeunes et de vieux (surtout des vieux)&#8230; On a fait quelques courses piquenique, mais les tables sont d\u00e9j\u00e0 pleines de victuailles&#8230; Bien !<\/p>\n\n\n\n<p>Ca discutaille sec, et puis la rumeur court que ya Stone et Charden parmi les convives !!! Personnellement j\u2019ai jamais entendu leurs chansons, mais bon, le nom me dit quelque chose, quoi ! Une histoire de vieux tubes dans les ann\u00e9es&#8230; Ouh&#8230; Anciennes !<\/p>\n\n\n\n<p>Puis vient l\u2019heure du g\u00e2teau !! Une femme f\u00eate ses 20 ans (en fait on se doute que c\u2019est plus du double, mais on ne dit rien) \u00ab\u00a0BON ANNIVERSAIRE !! BLABLA !\u00a0\u00bb&#8230; Et l\u00e0, Ma\u00efka a la bonne id\u00e9e d\u2019aller susurrer \u00e0 l\u2019oreille qu\u2019eh ! \u00e0 moi aussi c\u2019est mon anniv\u2019 ! ( ah oui, en ce seize mai deux-mille-trois, j\u2019ai trente ans exactement !) Ovation g\u00e9n\u00e9rale ! je salue&#8230; On me rappelle ! Embrassades&#8230; Je coupe le g\u00e2teau pour tous&#8230; Ovation ! Et puis Stone et son mari (qui n\u2019est pas Charden pour les curieux, mais plut\u00f4t un vieux babos trop cool, avec des insignes de la NASA sur son blouson jean) ; ils prennent donc les guitares s\u00e8ches et se mettent a jouer \u00ab\u00a0api-beurzd\u00e8s-touiou\u00a0\u00bb et puis un potpourri de tubes \u00e0 eux. On regarde \u00e7a amus\u00e9s, ya m\u00eame un clone de Claude Fran\u00e7ois qui danse le disco sur la bamba !!<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un coup pareil, le vent et la pluie ne tardent pas \u00e0 arriver, mais on a encore bien le temps de discuter, plein d\u2019inconnus viennent me serrer la patte et me f\u00eater un \u00ab\u00a0bon anniversaire, Guillaume !!\u00a0\u00bb, je sais pas pourquoi, c\u2019est pas mon pr\u00e9nom, mais bon ! Ambiance festive et improvis\u00e9e comme \u00e7a dans la rue&#8230; \u00c9tonnant, en fait, on ne se croirait tout simplement pas \u00e0 Paris ! Alors Enjoy &amp; remember Stone !<\/p>\n\n\n\n<p>Postscriptum : En tout cas Stone &amp; Charden, qui ont largement d\u00e9pass\u00e9 leurs trente ans, se portent bien et Mr Stone nous a confirm\u00e9 que le duo remplissait toujours des salles par dizaines&#8230; Ma \u2019tite soeur elle dit que Stone s\u2019est faite refaire un lifting, qu\u2019elle l\u2019avait vu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9&#8230; mBouh ! Bon elle est gentille quand m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"huit-contre-cinquante-mille\">huit contre cinquante-mille<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 juin 2003, par gabz\u00e9ta, Anemasse<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a se passe plut\u00f4t bien la manif, \u00e7a fait deux heures qu\u2019on d\u00e9file au soleil, on a d\u00e9j\u00e0 franchi deux douanes et voil\u00e0 qu\u2019on se retrouve \u00e0 cinquante-mille sur l\u2019Autoroute !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a Y est, c\u2019est La JONCTION entre les deux manifs suisse et fran\u00e7aise et \u00e7a provoque une esp\u00e8ce d\u2019embouteillage humain plut\u00f4t sympathique, c\u2019est le moment de temporiser. Il fait vraiment chaud&#8230; Tiens, j\u2019ach\u00e8terais bien un de ces grands drapeaux arc-en-ciel, il y a \u00e9crit PAIX ou PEACE ou PACE dessus. Y a justement un type qui en a un caddie rempli : il accepte les francs suisses et les euros, \u00e9videmment il a plus la monnaie en euros, alors j\u2019attends mon tour&#8230; Un couple de Fran\u00e7ais paie : \u00ab\u00a0eh, mais c\u2019est \u00e9crit en Italien, l\u00e0 sur le drapeau\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Ah, non ! moi je veux PAIX en fran\u00e7ais ! Monsieur vous n\u2019en avez pas en fran\u00e7ais ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Non, juste en Italien\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et celui-l\u00e0, accroch\u00e9 au caddie ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Bin non, laissez-le-moi celui, l\u00e0 s\u2019il vous plait\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Bon tant pis, rendez-moi l\u2019argent, alors\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Moi j\u2019en prends un \u00e9crit en Italien et puis je me le mets sur la t\u00e9te a la place de mon \u00e9charpe Bart Simpson en polaire, d\u00e9cid\u00e9ment bien trop chaude \u00e0 mon gout. Personne n\u2019a une bouteille d\u2019Evian ?<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"\u00e0-bas-toutes-les-poubelles\">\u00c0 bas toutes les poubelles !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 6 juin 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De retour du march\u00e9 , les bras charg\u00e9s de l\u00e9gumes, j\u2019avance gaiment. Au loin retentissent des cris et des sifflets sur la rue de la R\u00e9publique&#8230; Mmm&#8230; Manif de fonctionnaires ? Supporteurs de foot en avance sur la beuverie du soir ? (il est 11h30).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je jette un oeil au carrefour&#8230; Et l\u00e0, surprise ! Sous le regard des badauds \u00e9bahis, une vingtaine de gars \u00e9nerv\u00e9s saisissent toutes les poubelles qu\u2019ils croisent, et les renversent sur la rue pi\u00e9tonne en hurlant. Mmmm&#8230; Manif d\u2019\u00e9boueurs apparemment. C\u2019est fou le nombre de containers \u00e0 poubelles qu\u2019il ya dans cette rue, en fait. Le soleil tape dur, \u00e7a va \u00eatre grave d\u00e9gueu !<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019arrive \u00e0 l\u2019arr\u00eat de bus Cordeliers et l\u00e0, c\u2019est le bazar total : les \u00e9boueurs sont pass\u00e9s par l\u00e0 aussi, la voie de bus oppos\u00e9e est jonch\u00e9e d\u2019ordures, bloquant tout le trafic. C\u2019est juste en face du superbe b\u00e2timent de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale. Les employ\u00e9s de la banque sortent avec des sacs et s\u2019\u00e9chinent tant bien que mal \u00e0 trier les d\u00e9chets \u00e9parpill\u00e9s par terre&#8230; Argent-poubelle-banquiers-ordures&#8230; C\u2019est vrai que c\u2019est pas top comme association pour leur image de marque&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il fait chaud, ils font la gueule&#8230; Je suis s\u00fbr que celui-l\u00e0 l\u00e0-bas, et bien s\u2019il avait su, il n\u2019aurait pas mis cette petite chemisette blanche avec cette cravate rouge et les mocassins assortis ! Je crois qu\u2019il passe une sale journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-lac-des-poissons\">Le lac des poissons<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 5 juillet 2003, par gabz\u00e9ta, parc naturel du Pilat<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, c\u2019est pique nique au bord du lac. Il fait chaud, il n\u2019y a pas trop de monde, les uns s\u2019attaquent \u00e0 la past\u00e8que g\u00e9ante pendant que les autres tapotent sur les agogos, voire sur les boites de conserve.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur Marco vient de finir de r\u00e9parer les percussions traditionnelles marocaines \u00ab\u00a0sp\u00e9cial gnawas\u00a0\u00bb acquises la veille au vide-grenier de la Croix-Rousse&#8230; Ca fait un bruit d\u2019enfer, du style \u00ab\u00a0Clac-claclac- Clac-Claclac- Clac-claclac !\u00a0\u00bb, l\u2019id\u00e9al pour les p\u00eacheurs du coin !<\/p>\n\n\n\n<p>On essaye tous les uns apr\u00e8s les autres, quand arrive au d\u00e9tour d\u2019un sentier toute une famille arabe en ballade et en habits typiques, djelabias, babouches et tchador. \u00c7a donne un effet un peu surr\u00e9aliste ici dans la nature, au milieu de nulle part&#8230; L\u2019homme Ren\u00e9 leur fait un commentaire en arabe sur la percu mais ils ne comprennent pas, ils nous parlent en fran\u00e7ais ; nous, on trouve \u00e7a trop bizarre, pt\u2019\u00eatre bien que si on avait amen\u00e9 une flute de pan, toute une troupe de p\u00e9ruviens en costumes se serait point\u00e9e \u00e0 l\u2019instant au bord du lac !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"pif-pouf\">Pif Pouf !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 23 aout 2003, par gabz\u00e9ta, Grasse<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous connaissez l\u2019histoire de Paf, Le chien ? Et l\u2019histoire de Bambi, vous connaissez ? Bien, vous allez comprendre&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On est dans le sud, la Riviera, la voiture est lou\u00e9e avec la clim\u2019&#8230; C\u2019est les vacances ! On vient de visiter tout un tas de petits bleds perch\u00e9s dans les montagnes, \u00e0 une trentaine de bornes de la mer.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit est tomb\u00e9e, le temps est \u00e0 l\u2019orage, j\u2019enchaine les virages \u00e9troits dans les hauteurs de Grasse. SOUDAIN j\u2019aper\u00e7ois un mouvement furtif sur la gauche de la route et il apparait brusquement dans la lueur des pleins phares, \u00e0 une dizaine de m\u00e8tres \u00ab Oh ! Regarde, l\u00e0 ! Un&#8230; Euh&#8230; Un Bambi ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment la pauvre b\u00eate s\u2019est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 traverser \u00e0 ce moment-l\u00e0 : en face d\u2019elle une cinquantaine de chevaux rugissants (206 diesel) et un conducteur stress\u00e9\/fatigu\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>MAIS j\u2019anticipe habilement ! Et je freine en douceur, sans m\u00eame troubler la passag\u00e8re qui me f\u00e9licite pour ma vigilance.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques kilom\u00e8tres plus loin, un vent malin s\u2019est lev\u00e9 arrachant les feuilles des arbres pour les projeter sous mes roues. Encore sous le choc de cette rencontre fantomatique, j\u2019observe, tous mes sens en \u00e9veil&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis SOUDAIN, la petite musaraigne traverse la route ! Juste sous mon nez&#8230; Je la suis des yeux !<\/p>\n\n\n\n<p>Mais bon, l\u00e0, j\u2019anticipe pas du tout. Alors elle y passe&#8230; \u00c7a ne fait aucun bruit. Pas m\u00eame un petit paf ! Comme dans l\u2019histoire du chien.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"l\u00e9trange-r\u00eave-myst\u00e9rieux\">L\u2019\u00e9trange r\u00eave myst\u00e9rieux<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 29 ao\u00fbt 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019autre nuit, j\u2019\u00e9merge d\u2019un profond sommeil et je m\u2019entends prononcer quelque chose \u00e0 voix haute \u00e0 mademoiselle O, qui dort \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Elle me demande de r\u00e9p\u00e9ter et l\u00e0, mon cerveau p\u00e9dale \u00e0 mort dans la semoule&#8230; crr&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je me retrouve parfaitement incapable de reproduire ce que j\u2019\u00e9tais en train d\u2019exprimer. Je sombre \u00e0 nouveau&#8230; R\u00e9veill\u00e9 de temps \u00e0 autre par un \u00e9clat de rire lointain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain matin au petit d\u00e9j\u2019, Miss O. me dit :<\/p>\n\n\n\n<p>Tiens, cette nuit tu as parl\u00e9 en dormant.<\/p>\n\n\n\n<p>Oh, du yaourt \u00e0 la fleubeuleub niarglop, j\u2019imagine.<\/p>\n\n\n\n<p>Non, non, tu disais : \u00ab\u00a0Franchement, c\u2019est bidon \u00e7a ! Nan, je le crois pas, c\u2019est bidon ! Sans chapeau tu n\u2019as rien !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a m\u2019a bien fait rigoler, alors je te demande : mais de quoi tu parles ? Et toi tu me dis : \u00ab\u00a0De toute fa\u00e7on, toi, tu marches \u00e0 poil sur le site !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230; Alors, l\u00e0, je dois bien avouer que malgr\u00e9 tous ces indices (bidon &#8211; chapeau &#8211; \u00e0 poil &#8211; site), je me demande toujours : mais qu\u2019est-ce que j\u2019\u00e9tais en train de r\u00eaver ??<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"crash-test\">Crash test<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 5 septembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le p\u00e9riple : une semaine de vadrouille en voiture lou\u00e9e avec 5 passagers, dont une gamine et un b\u00e9b\u00e9&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Gen\u00e8ve-Lyon (Lyon-Gen\u00e8ve), Vienne, Tournon, Romans, Monts-du-lyonnais, embouteillages et parkings anarchiques sur les pentes sinueuses de la X-Rousse ou sur des quais pleins \u00e0 craquer&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mon stress ? La voiture est neuve&#8230; La moindre \u00e9raflure et l\u2019agence de location nous emballe un suppl\u00e9ment digne de mon loyer&#8230; Malgr\u00e9 quelques situations limites, tout se passe \u00e0 merveille&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Iargl ! Mais d\u2019o\u00f9 vient cette rayure \u00e0 l\u2019arri\u00e8re ? Elle n\u2019y \u00e9tait pas ce matin ? Merde, merde, merde, derni\u00e8re ballade g\u00e2ch\u00e9e !!! \u00c7a craint, c\u2019est l\u2019heure de rendre la caisse.<\/p>\n\n\n\n<p>On fait de notre mieux pour paraitre d\u00e9tendu quand vient notre tour au guichet : \u00ab\u00a0Tout s\u2019est bien pass\u00e9 ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oui, oui, super cette voiture ! (grand sourire) g\u00e9niale !<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019employ\u00e9e part v\u00e9rifier et revient. Elle ne nous dit rien et donne un papier \u00e0 son coll\u00e8gue (suspense insoutenable)&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Voil\u00e0 votre facture, tout est en ordre.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>BANG CRASH ! Pile au m\u00eame instant, deux voitures s\u2019emboutissent \u00e0 quelques m\u00e8tres dans les embouteillages du boulevard&#8230; J\u2019hallucine, mais je me sens tout l\u00e9ger d\u2019un coup ! (En plus ils ne nous font pas payer les 200 km qu\u2019on a d\u00e9pass\u00e9s sur le forfait).<\/p>\n\n\n\n<p>Demain, je me mets au zen.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"jeux-de-vilains\">Jeux de vilains<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 12 septembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je p\u00e9dale tranquillos sur la route\/piste cyclable \u00e9troite, au milieu d\u2019un paysage urbain grandiose : a ma gauche, une monstrueuse barre de b\u00e9ton, d\u2019environ 345 000 logements tous identiques. \u00c0 ma droite, la m\u00eame chose, mais en verre et en bureaux d\u2019affaires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Devant moi, plusieurs voitures sont gar\u00e9es n\u2019importe comment \u00e0 travers la piste&#8230; Je fais un \u00e9cart et les foudroie du regard. Un type semble chercher quelque chose par terre sur la route&#8230; Un autre se plaint \u00e0 la cantonade \u00a0\u00bb Ya des gens compl\u00e8tement cingl\u00e9s, c\u2019est pas possible ! \u00a0\u00bb Curieux, je me retourne sans m\u2019arr\u00eater de rouler( balaise ! ), oui, bon, ya bien une voiture qui bloque la sortie du parking&#8230; Pas de quoi faire un drame !<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019entends soudain de petits chocs derri\u00e8re mon dos, puis c\u2019est une pluie de pierres qui s\u2019abat \u00e0 quelques m\u00e8tres devant moi ! Des d\u00e9biles sont en train de caillasser la rue, du haut de je ne sais o\u00f9 !<\/p>\n\n\n\n<p>Le feu est rouge, \u00e7a craint, je dois m\u2019arr\u00eater. Instinctivement je me ramasse sur moi-m\u00eame, en teeshirt, je me sens tr\u00e8s vuln\u00e9rable d\u2019un coup&#8230; Je n\u2019ose pas me retourner de peur de prendre un nouveau jet dans la face&#8230; L\u2019attente au feu est insupportable&#8230; Allez, tant pis ! Je passe au rouge et je me sauve.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"ca-y-est-je-suis-un-vieux-con\">Ca y est, je suis un vieux con !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 septembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est 21h, enfin chez moi. Fatigu\u00e9, la t\u00eate comme&#8230; comme apr\u00e8s huit heures d\u2019usine, quoi ! \u00c9croul\u00e9 sur mon canap\u00e9, je m\u2019appr\u00eate \u00e0 entrer dans une intense m\u00e9ditation transcendantale, quand un monstrueux YO ! MOTHERFUCKER !! jaillit \u00e0 travers mes (trois) fen\u00eatres ouvertes&#8230; Hein ? Quoi ? qu\u2019est-ce-qui-s\u2019passe ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ah ! Bon ! Ce sont les voisins d\u2019en face qui profitent du mini-jardin de leur pavillon de coloc\u2019 pour faire une petite teuf&#8230; Ils ont des super bonnes enceintes, tout le quartier en profite, parole !&#8230; Mais, bon, l\u00e0 \u00e7a me soule.<\/p>\n\n\n\n<p>Tant pis je me l\u00e8ve, je vais faire la vaisselle, tiens ! Pas besoin de mettre la musique en tout cas&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une heure plus tard, \u00e7a m\u2019amuse plus du tout, ils sont pass\u00e9s \u00e0 la drum &amp; bass, du bon son, mais oh ! eh ! pas \u00e0 120 d\u00e9cibels, merde, d\u00e9j\u00e0 que j\u2019ai pass\u00e9 huit heures l\u2019oreille coll\u00e9e sur la presse 800 tonnes (95 d\u00e9cibels, officiellement) !<\/p>\n\n\n\n<p>Une s\u00e9rie d\u2019injures et d\u2019images plus ou moins gores me passent par la t\u00eate quand le DJ se met \u00e0 faire des va-et-vient hyst\u00e9riques avec le volume&#8230; Si j\u2019attendais pas un pote remontant tard de Marseille, je descendrais direct leur faire la le\u00e7on ! (moi coucher t\u00f4t en ce moment). Et si je criais, tiens ? Ouais, bon j\u2019ose pas&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>11h : un voisin, lui, hurle \u00e0 truc par la fen\u00eatre, mais je comprends rien, Bob Marley chantait trop fort.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers minuit, arrive le rock graisseux et les guitares satur\u00e9es&#8230;.niiiarrgl&#8230; Je tr\u00e9pigne, j\u2019en peux plus, faut que je hurle un truc ! Je l\u00e2che ma revue intellectuelle et m\u2019avance \u00e0 la fen\u00eatre. Je respire de grandes bouff\u00e9es d\u2019air en attendant la fin du morceau&#8230; Concentration&#8230; Je pr\u00e9pare bien ma phrase (plut\u00f4t connard ! ou plut\u00f4t bordel !?)<\/p>\n\n\n\n<p>Fin du morceau, j\u2019ai 4 secondes devant moi : \u00ab\u00a0Oh ! Didj\u00e9 ! Baisse-le son didj\u00e9 ! s\u2019te-plait !\u00a0\u00bb (Oups, le s\u2019te-plait est sorti tout seul et puis j\u2019ai oubli\u00e9 le \u00ab\u00a0t\u2019es pas dans ta cambrousse, ici !\u00a0\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, \u00e7a marche trois minutes et puis \u00e7a repart \u00e0 fond jusqu\u2019\u00e0 2h du mat\u2019&#8230; Au moins \u00e7a fait du bien de crier un coup, devrais le faire plus souvent, tiens.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"une-voiture-cest-comme-une-femme\">Une voiture c\u2019est comme une femme<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 28 septembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 fond en v\u00e9lo sur le boulevard ! \u00c0 droite, Deux voitures gar\u00e9es, un gros chien qui court de l\u2019une vers l\u2019autre, il saute sur son maitre,\u00a0\u00bbBin oui mon gros chien !\u00a0\u00bb, puis met ses grosses papattes sur la porti\u00e8re arri\u00e8re de la caisse&#8230; Panique ! Maimaitre le chasse de l\u00e0 et frotte sa tuture, la sueur au front.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Moi, \u00e7a me fait bien rigoler ! \u00c7a me rappelle au d\u00e9but du mois, le matin de \u00ab\u00a0formation\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019usine&#8230; Blabla s\u00e9curit\u00e9, propret\u00e9, solidarit\u00e9, et m\u00eame management voire \u00e9conomie !! le tout pendant six heures ( !) Pour un peu je me croirais dans un vrai entretien d\u2019embauche, ou j\u2019ai volontairement postul\u00e9, motiv\u00e9 et tout. Puis on visite nos futures machines de travail, on est deux int\u00e9rimaires, le chef se la joue cool, ouvert au dialogue&#8230; Une usine mod\u00e8le, quoi, quasi utopique. (elle fabrique des machines \u00e0 laver).<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois fini, on retourne vers la salle de formation et les autres int\u00e9rimaires. Comme ya personne, on stationne nonchalamment au parking, assis sur un capot. Mon futur coll\u00e8gue, sort un sandwich, m\u2019en propose un bout, puis m\u2019explique comment il est s\u2019est \u00e9crabouill\u00e9 le bout d\u2019un doigt sur une machine industrielle&#8230; Beuh.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ouvrier arrive et nous montre du doigt sa ch\u00e9rie : \u00ab\u00a0BEUH ! c\u2019pas un parking ma voiture, alors pffut, oh !\u00a0\u00bb (en clair : d\u00e9gage de l\u00e0)<\/p>\n\n\n\n<p>Retour sur terre imm\u00e9diat : je suis bien \u00e0 l\u2019usine. Ambiance connue. Pff.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"ca-y-est-je-suis-un-radin\">Ca y est, je suis un radin !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 7 octobre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Usine de Gerland, 20H. Apr\u00e8s sept heures \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter 1850 fois les m\u00eames gestes, je me sens moyennement en forme. Enfin, la journ\u00e9e est finie, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. Je termine de me changer dans les vestiaires, les coll\u00e8gues de nuit, d\u00e9j\u00e0 fatigu\u00e9s, viennent prendre la rel\u00e8ve.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un d\u2019eux me demande de lui pr\u00eater 40 centimes pour un caf\u00e9. Moi, j\u2019ai pas envie, il est pas tr\u00e8s sympathique et je sais qu\u2019il trouverait une excuse bidon pour se d\u00e9fausser si moi, je lui demandais. Mais bon, je compatis, la nuit va \u00eatre longue et en plus, coup de bol, j\u2019ai 40 cents sur moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Merci, j\u2019ai trop besoin d\u2019un caf\u00e9, je t\u2019en paierai un demain !<\/p>\n\n\n\n<p>Demain.<\/p>\n\n\n\n<p>Usine de Gerland, 20H. Apr\u00e8s sept heures \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter 1850 fois les m\u00eames gestes, je me sens moyennement en forme. Enfin, la journ\u00e9e est finie, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. Je termine de me changer dans les vestiaires, les coll\u00e8gues de nuit, d\u00e9j\u00e0 fatigu\u00e9s, viennent prendre la rel\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce tombe de mon pantalon. Le type du caf\u00e9 se pr\u00e9cipite dessus. \u00c9teint, je ne r\u00e9agis m\u00eame pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Oh, une pi\u00e8ce ! C\u2019est \u00e0 toi machin ? (s\u2019adresse \u00e0 un autre coll\u00e8gue)<\/p>\n\n\n\n<p>Non, non.<\/p>\n\n\n\n<p>(moi) Ah, je crois que c\u2019est moi qui l\u2019ai fait tomber.<\/p>\n\n\n\n<p>Oh, ben tant pis ! Ah, ah.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est rien, tu me devras 60 centimes comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi, de quoi ? J\u2019te dois rien, moi !<\/p>\n\n\n\n<p>Eh, bien, t\u2019as la m\u00e9moire courte.<\/p>\n\n\n\n<p>Euh, non, j\u2019ai&#8230; La m\u00e9moire longue !<\/p>\n\n\n\n<p>Grrmbl. C\u2019est bon, je l\u00e2che l\u2019affaire&#8230; Avec un autre con sur ma liste noire.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-coup-du-barjot\">Le coup du barjot<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 16 octobre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>20h30. ding dong ! C\u2019est l\u2019heure de quitter le boulot et de reprendre le v\u00e9lo ! J\u2019arrive au parking et l\u00e0, \u00e7a discute ferme : \u00ab\u00a0c\u2019est pas possible ! il est barjot ! ya des barjots !\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un de mes coll\u00e8gues d\u2019\u00e9quipe qui parle, apparemment on lui a attach\u00e9 son v\u00e9lo avec un antivol qui n\u2019est pas le sien, il hallucine, il comprend pas ce qui se passe. Autour de lui, les autres se marrent, mais pas trop parce qu\u2019il est dans la merde, pour rentrer chez lui maintenant !<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde \u00e7a dans la p\u00e9nombre, effectivement, il y a un gros antivol, ce serait-il fait des ennemis dans l\u2019usine, ou quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis l\u00e0 j\u2019ai un choc. Sur mon v\u00e9lo, mon antivol \u00e0 disparu !! Je bascule l\u00e9g\u00e8rement dans l\u2019irrationnel&#8230; Qui a pu faire \u00e7a ? Mais oui ! On a enlev\u00e9 mon antivol pour le mettre sur son v\u00e9lo, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ! Dingue&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>Euh, je crois que c\u2019est le mien, je&#8230; bon&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi ? C\u2019est le tien ? Tu d\u00e9connes !!<\/p>\n\n\n\n<p>Euh, ben non (baisse la t\u00eate en signe de honte).<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais le tour par-derri\u00e8re et je l\u2019ouvre&#8230; Hilarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. On a deux v\u00e9los qui se ressemblent, alors je me suis l\u00e9g\u00e8rement emm\u00eal\u00e9 les pinceaux en arrivant \u00e0 l\u2019usine (probablement un empressement extr\u00eamement motiv\u00e9 d\u2019aller travailler&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>Le voil\u00e0 rassur\u00e9 le coll\u00e8gue, il me conseille quand m\u00eame d\u2019arr\u00eater de fumer la moquette et puis on se dit \u00e0 demain, m\u00eame heure.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-voix-du-central\">La voix du central<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 21 octobre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je suis au t\u00e9l\u00e9phone et j\u2019ai une conversation au sujet d\u2019un projet particuli\u00e8rement int\u00e9ressante pour mon avenir \u00e0 court terme :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1 : Alors, voil\u00e0, Bla&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>2 : Oui, mais, blabla&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, une grosse voix rocailleuse jaillit du combin\u00e9 et d\u00e9boule en plein milieu de la conversation :<\/p>\n\n\n\n<p>3 : Allo ! Allo monsieur !<\/p>\n\n\n\n<p>1 : Bla ?<\/p>\n\n\n\n<p>3 : Oui, monsieur ! C\u2019est le technicien. Au central, on a rep\u00e9r\u00e9 un d\u00e9faut sur votre ligne, il y a comme un petit bruit.<\/p>\n\n\n\n<p>1 : Un petit bruit ? C\u2019est plut\u00f4t que \u00e7a fait des semaines que j\u2019entends des inconnus qui parlent dans mon combin\u00e9, sauf qu\u2019eux, ce sont pas des techniciens ! (notez la r\u00e9partie)<\/p>\n\n\n\n<p>3 : Ah. Bon, en tout cas on est en train d\u2019op\u00e9rer sur votre ligne, on va couper les communications un moment. On vous rappelle.<\/p>\n\n\n\n<p>2 : Blabla ?<\/p>\n\n\n\n<p>1 : Euh, comme tu constates, j\u2019ai un probl\u00e8me de t\u00e9l\u00e9phone, je crois qu\u2019il vaudrait mieux raccTUUT-TUUT-TUUT<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-sosie-dantoine\">Le sosie d\u2019Antoine<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 3 novembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trois s\u00e9niors (comprendre consommateurs de plus de 55 ans), 1 homme et deux femmes attendent \u00e0 l\u2019arr\u00eat de bus, en silence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, une voiture s\u2019arr\u00eate et un des passagers, un \u00e9norme ob\u00e8se tr\u00e8s gros interpelle un des s\u00e9niors : le vieil homme avec un b\u00e9ret et des dents de lapin qui se repose sur sa canne :<\/p>\n\n\n\n<p>Oh ! Antoine ! Et alors, comment \u00e7a va toi !!<\/p>\n\n\n\n<p>Antoine !!! Tu me reconnais pas ? Antoine !<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieil homme bafouille d\u2019un air surpris&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais&#8230; je ne m\u2019appelle pas Antoine&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La voiture red\u00e9marre<\/p>\n\n\n\n<p>Antoiiine !!<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieil homme regarde les deux femmes, avec un air de : h\u00e9 b\u00e9, j\u2019ai rien compris \u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e7a y est, la glace est bris\u00e9e, la vie reprend son cours :<\/p>\n\n\n\n<p>Eh bien, apparemment vous avez un sosie lui dit une des femmes !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a fait longtemps que vous attendez le bus ? Lance une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah bah, c\u2019est infernal reprend la premi\u00e8re, on peut pas se fier aux horaires, hein ? Jamais \u00e0 l\u2019heure, mardi, ils annon\u00e7aient pas de bus pour la gr\u00e8ve et puis ils passaient quand m\u00eame !!<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, on peut pas se fier&#8230; Ah bin tient, le voil\u00e0 !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-boulet\">Le boulet<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 8 novembre 2003, par gabz\u00e9ta, <em>Lyon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je suis en retard \u00e0 l\u2019agence d\u2019int\u00e9rim, je dois y passer une esp\u00e8ce de test basique qui m\u2019ouvrirait la porte de missions en labos pharmaceutiques&#8230; 9h30, Ca y est j\u2019y suis.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019unique employ\u00e9e pr\u00e9sente m\u2019explique que le seul ordinateur qui marche est celui du bureau de l\u2019accueil. Je m\u2019y installe et m\u2019attaque \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un CD-Rom hyper r\u00e9barbatif, apr\u00e8s je devrais r\u00e9pondre \u00e0 un QCM.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas \u00e9vident de se concentrer. L\u2019ordi est une bourrique qui tourne sous Windows 95, si je monte le son, \u00e7a crache, c\u2019est inaudible, et si je baisse, j\u2019entends rien \u00e0 cause de tous ces int\u00e9rimaires qui font la queue devant moi. En plus d\u00e8s que quelqu\u2019un entre \u00e0 l\u2019agence, il me prend pour un employ\u00e9 et me pose plein de questions incongrues.<\/p>\n\n\n\n<p>Le CD rom avance tout comme une irr\u00e9pressible envie de m\u2019endormir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Un nouveau groupe de candidats entre : deux hommes et une femme, \u00e9videmment ils viennent me voir, puis ressortent, puis rentrent \u00e0 nouveau. Me reposent une question et comprennent enfin que je ne suis pas de la boite. Ils discutent hyper fort, surtout celui qui cherche pas de boulot, mais accompagne ses potes. Il louche vers le t\u00e9l\u00e9phone du bureau&#8230; D\u00e9croche voir si il y une tonalit\u00e9, puis compose, f\u00e9brile.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019est pas rendu compte que c\u2019est \u00e0 son tour, que l\u2019employ\u00e9e l\u2019attend et le regarde derri\u00e8re les plantes vertes&#8230; Oups. Il raccroche brusquement et accompagne ces amis \u00e0 l\u2019autre bureau&#8230; Comme c\u2019est bizarre, la secr\u00e9taire exp\u00e9die leurs dossiers en 3 minutes et hop ! Non, il n\u2019y a pas de boulot en ce moment, au revoir, merci d\u2019\u00eatre venu !<\/p>\n\n\n\n<p>Moi je suis toute l\u2019affaire et je me dis, bonjour le boulet, avec un pote comme \u00e7a, pas besoin d\u2019ennemis, s\u00fbr&#8230; Puis je foire lamentablement mon test.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-bus-le-g\u00e2teau-et-la-brioche\">Le bus, le g\u00e2teau et la brioche<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 18 novembre 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une apr\u00e8s-midi grise d\u2019hiver, j\u2019attends le bus pr\u00e8s de la gare, quand m\u2019aborde une vieille femme avec une cigarette et un sac en plastique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle me demande du feu, je lui en donne, maugr\u00e9ant dans ma t\u00eate que mon portemonnaie est vide et qu\u2019il n\u2019y a pas un foutu distributeur dans ce quartier pour que je puisse m\u2019en racheter un paquet.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis elle bafouille un peu en m\u2019expliquant que m\u00eame si cela ne se voit pas, elle est sans domicile et que bon, elle aimerait une petite pi\u00e8ce, en fait&#8230; Quelques indices, il est vrai (les habits, le tatouage fait maison sur le cou) m\u2019avaient fait sentir la chose&#8230;. Je sors mon portemonnaie et lui donne la mini pi\u00e8ce qu\u2019il reste. Oui, moi aussi je suis pauvre et m\u00eame au RMI.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez un endroit o\u00f9 dormir ! et \u00e7a, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme\u00a0\u00bb, me dit-elle avant de reprendre sa route&#8230; Je la regarde s\u2019en aller du coin de l\u2019\u0153il tandis que mon bus arrive au loin. Puis, elle s\u2019arr\u00eate brusquement en parlant toute seule et fait demi-tour&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle me fait un signe, l\u00e0 ? Qu\u2019est ce qu\u2019elle peut bien vouloir cette fois ?? Alors, elle se plante devant moi, ouvre son sac en plastique sans dire un mot, et me fourre une brioche et un paquet de g\u00e2teau dans les bras ! Moi j\u2019en veux pas, \u00ab\u00a0non ! non ! madame !\u00a0\u00bb J\u2019essaye de lui rendre, mais elle se d\u00e9robe et met \u00e0 courir en faisant de grands signes n\u00e9gatifs de la t\u00eate !<\/p>\n\n\n\n<p>Mon bus est l\u00e0 alors j\u2019abandonne la poursuite et je grimpe dedans. Il est bond\u00e9-compress\u00e9. Je regarde la t\u00eate des gens qui font la gueule, puis je regarde le paquet de g\u00e2teaux et la brioche&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mmm&#8230; Peut-\u00eatre bien que je devrais sourire un peu plus dans la rue, quand m\u00eame, avant que d\u2019autres mendiants ne me filent de la thune !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-vie-en-bus\">La vie en bus<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 29 novembre 2003, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand vous prenez le bus \u00e0 Lyon, il faut \u00eatre assis ou alors bien s\u2019accrocher partout l\u00e0 o\u00f9 vous pouvez, parce que les chauffeurs virages sont tr\u00e8s brusques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est environ 23h10 , je prends donc le bus de nuit pour rentrer chez moi. Un couple de s\u00e9niors monte \u00e0 un arr\u00eat et essaye de passer leur billet dans les machines, qui ne marchent pas \u00e9videmment (eh oui il faut avoir le bip, maintenant). Le bus red\u00e9marre alors qu\u2019ils avancent p\u00e9niblement vers la seconde machine : Aie ! la gravit\u00e9 va frapper&#8230; Non, la dame s\u2019en sort et r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019assoir sans trop de mal. Le monsieur lui a des gestes lents, trop lents&#8230; Mais ouf ! Il s\u2019en sort gr\u00e2ce \u00e0 un habile r\u00e9tablissement sur la rambarde puis sur un fauteuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ne sont pas assis depuis deux arr\u00eats qu\u2019un dreadlocks, de facile 2m de haut, s\u2019ins\u00e8re entre eux \u00e0 la place vide pr\u00e8s de la fen\u00eatre. La femme grimace, fait des signes \u00e0 son mari. Moi je me dit, bonjour le clich\u00e9 de la vieille raciste en manteau de fourrure&#8230; Elle finit par se lever&#8230; Et oups, nouvelles acrobaties pour s\u2019assoir sur un autre si\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e9p\u00e9 : \u00ab mais pourquoi tu t\u2019en vas ? \u00bb (Comme si il ne savait pas.)<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entends le dreadlocks qui se racle la gorge bruyamment \u00e0 de nombreuses reprises. P\u00e9p\u00e9 finit \u00e0 son tour par se lever&#8230; Zigzags incontr\u00f4l\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9s&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p>Mamie : \u00ab Mais pourquoi tu te l\u00e8ves ? On n\u2019est pas encore \u00e0 l\u2019arr\u00eat ! \u00bb (petite vengeance).<\/p>\n\n\n\n<p>Je vois bien le dread, maintenant. Il racle et crache des mollards d\u00e9gueux \u00e0 ses pieds, sur la vitre, sur le si\u00e8ge de devant&#8230; Il se contr\u00f4le plus vraiment l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon finalement, ils descendent tous \u00e0 la m\u00eame station et un autre type entre, se d\u00e9p\u00eache de s\u2019assoir avant que le bus d\u00e9marre&#8230; Mais l\u00e0, il ne choisit pas le bon fauteuil.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"une-nuit-dans-le-cong\u00e9lateur\">Une nuit dans le cong\u00e9lateur<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 7 janvier 2004, par gabz\u00e9ta, Milano &#8211; Italia<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout devait se goupiller \u00e0 merveille : le bus arrive a Milan \u00e0 21h30, on prend le m\u00e9tro dans la foul\u00e9e et embarque en train pour Bologne dans l\u2019heure qui suit ! Mais l\u2019hiver est parfois traitre et vil quand il s\u2019agit de traverser les Alpes en bus&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une temp\u00eate de neige et deux heures plus tard, \u00e0 la gare, le dernier train est parti&#8230; Mis\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Le prochain est \u00e0 6h du matin, mais si vous prenez un ticket vous pouvez rester dans la gare, elle ferme \u00e0 minuit\u00a0\u00bb nous explique la Polizia&#8230; (Heureusement qu\u2019il y a, mademoiselle, O pour la traduction&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>On se dit que l\u2019on va rester dans la salle d\u2019attente apr\u00e8s tout, Il n\u2019y fait pas froid, compar\u00e9 au reste de la gare, un vrai cong\u00e9lateur \u00e0 l\u2019architecture fasciste avec courants d\u2019air int\u00e9gr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la salle (m\u00eame \u00e9poque, mais sans courants d\u2019air), on commence \u00e0 squatter un banc entier et se mettre \u00e0 l\u2019aise. La polizia contr\u00f4le tout le monde et vire ceux qui n\u2019ont pas de billet. Une fois que tous ces parasites ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s, ils nous annoncent, \u00e0 nous les honn\u00eates citoyens, que la salle d\u2019attente va fermer pour la nuit. Stupeur et damnation ! Je vois tout le monde devant moi prendre ses affaires sans dire un mot et quitter la salle pour retourner dans le cong\u00e9lateur ! Vision \u00e9trange d\u2019une trentaine de personnes, tous \u00e2ges, nationalit\u00e9s et milieux sociaux confondus, s\u2019\u00e9parpillant lentement dans un immense hall vide, cherchant en vain un recoin moins glac\u00e9 que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>On en est quitte pour six heures d\u2019attente&#8230; Apr\u00e8s avoir fait trois fois le tour de la gare avec notre chariot, on trouve un train qui doit rester \u00e0 quai toute la nuit (en th\u00e9orie). On \u00e9vite la police (nombreuse), les cheminots, puis on grimpe dans un compartiment ! Ahhh, le froid est d\u00e9j\u00e0 plus supportable&#8230; Mais pourquoi les autres ne font pas \u00e7a&#8230; Peut-\u00eatre que c\u2019est interdit ? Et si le train part ? Le temps passe&#8230; \u00c0 un moment, toutes les lumi\u00e8res s\u2019allument d\u2019un coup et on entend parler italien \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Un technicien de surface surgit dans le compartiment et nous baragouine un truc pas clair (il nous prend pour des russes apparemment). Mais il nous laisse rapidement tranquille et \u00e0 la gentillesse d\u2019\u00e9teindre la lumi\u00e8re en sortant&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre heures plus tard, la gare et la salle d\u2019attente rouvrent. Attroupement de zombies \u00e0 la mine d\u00e9faite devant la porte. Un petit fonctionnaire z\u00e9l\u00e9 contr\u00f4le longuement les billets de chacun et vire les sans-abris qui ont tent\u00e9 de s\u2019infiltrer parmi les Hommes. On est trop press\u00e9s de rentrer au chaud pour lui cracher toute la haine que l\u2019on \u00e9prouve pour lui et sa gare de merde, mais on le pense tr\u00e8s fort.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sardines-chemin-de-fer\">Sardines &amp; chemin de fer<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 12 janvier 2004, par gabz\u00e9ta, Bologna &#8211; Italia<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous sommes enti\u00e8rement dans le noir. Seul rougeoie le bout de cigarette du type allong\u00e9 sur le sol, \u00e0 quelques m\u00e8tres de moi. Il ne bouge pas et moi non plus, j\u2019\u00e9pie chaque mouvement dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, l\u2019ensemble du couloir se trouve inond\u00e9 d\u2019une lumi\u00e8re blanche. Des hommes et des femmes sont l\u00e0, assis et debout, tous coinc\u00e9s dans les deux m\u00e8tres qui s\u00e9parent les fen\u00eatres des compartiments. Dans ces derniers, les gens sont tout aussi entass\u00e9s, mais ils ont au moins l\u2019avantage d\u2019\u00eatre sur des fauteuils pour passer quelques heures a dormir&#8230; Il est 4\/5h du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui aurait cru que la moiti\u00e9 de l\u2019Italie allait d\u00e9cider de rentrer de vacances en pleine nuit ? Et dans le m\u00eame train que nous&#8230; Bal\u00e8ze !<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a tellement de monde qu\u2019on arrive m\u00eame pas a rentrer dans un wagon, il faut essayer plein de portes puis se d\u00e9cider \u00e0 forcer le passage. Ensuite on fait comme tout le monde : on s\u2019installe par terre dans le couloir, l\u00e0 o\u00f9 on peut (par exemple pour nous c\u2019est en face de la poubelle). Ensuite, on maudit les p\u00e9nibles qui osent s\u2019aventurer dans le couloir (pour aller pisser, ce genre d\u2019id\u00e9es stupides) et qui obligent tout le monde \u00e0 se d\u00e9plier. \u00c9ventuellement on essaye de s\u2019endormir en regardant ronfler les heureux propri\u00e9taires d\u2019un si\u00e8ge en compartiment.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus c\u2019est le genre de train \u00e0 s\u2019arr\u00eater \u00e0 toutes les gares de campagne et \u00e0 chaque fois c\u2019est le m\u00eame cirque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, une place se lib\u00e8re dans le compartiment face \u00e0 nous : Miss O. s\u2019y installe prestement tandis que j\u2019occupe d\u00e9sormais un des deux seuls strapontins du couloir. Quand son \u00ab\u00a0propri\u00e9taire\u00a0\u00bb revient des toilettes, sympa, il ne bronche pas, il s\u2019allonge carr\u00e9ment par terre, s\u2019allume sa quatri\u00e8me clope et s\u2019endort \u00e0 mes pieds.<\/p>\n\n\n\n<p>Je le regarde comme \u00e7a pendant deux heures en somnolant : c\u2019est cyclique, le type s\u2019endort avec sa clope se consumant doucement, puis se r\u00e9veille quand elle commence \u00e0 lui bruler la main. Il en rallume alors une autre, se rallonge et se rendort illico presto.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi je m\u2019endors juste au moment o\u00f9 un type se penche vers moi et me demande un truc en italien (du genre : on est arriv\u00e9 \u00e0 Milan ??). Je lui dis non, mais il s\u2019obstine \u00e0 penser que si, et il veut passer avec ses grosses valises&#8230; T\u00eatu le gars ! Il r\u00e9ussit m\u00eame \u00e0 enjamber l\u2019homme allong\u00e9 dans la p\u00e9nombre sans le r\u00e9veiller !<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, il a raison, on est arriv\u00e9&#8230; Il est six heures du mat\u2019, maintenant on doit prendre le m\u00e9tro en vitesse pour attraper le bus qui nous ram\u00e8ne en France&#8230; La fin des vacances approche. Je vais pouvoir dormir.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sardines-chemin-de-fer-2\">Sardines &amp; chemin de fer<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 12 janvier 2004, par gabz\u00e9ta, Bologna &#8211; Italia<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous sommes enti\u00e8rement dans le noir. Seul rougeoie le bout de cigarette du type allong\u00e9 sur le sol, \u00e0 quelques m\u00e8tres de moi. Il ne bouge pas et moi non plus, j\u2019\u00e9pie chaque mouvement dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, l\u2019ensemble du couloir se trouve inond\u00e9 d\u2019une lumi\u00e8re blanche. Des hommes et des femmes sont l\u00e0, assis et debout, tous coinc\u00e9s dans les deux m\u00e8tres qui s\u00e9parent les fen\u00eatres des compartiments. Dans ces derniers, les gens sont tout aussi entass\u00e9s, mais ils ont au moins l\u2019avantage d\u2019\u00eatre sur des fauteuils pour passer quelques heures a dormir&#8230; Il est 4\/5h du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui aurait cru que la moiti\u00e9 de l\u2019Italie allait d\u00e9cider de rentrer de vacances en pleine nuit ? Et dans le m\u00eame train que nous&#8230; Bal\u00e8ze !<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a tellement de monde qu\u2019on arrive m\u00eame pas a rentrer dans un wagon, il faut essayer plein de portes puis se d\u00e9cider \u00e0 forcer le passage. Ensuite on fait comme tout le monde : on s\u2019installe par terre dans le couloir, l\u00e0 o\u00f9 on peut (par exemple pour nous c\u2019est en face de la poubelle). Ensuite, on maudit les p\u00e9nibles qui osent s\u2019aventurer dans le couloir (pour aller pisser, ce genre d\u2019id\u00e9es stupides) et qui obligent tout le monde \u00e0 se d\u00e9plier. \u00c9ventuellement on essaye de s\u2019endormir en regardant ronfler les heureux propri\u00e9taires d\u2019un si\u00e8ge en compartiment.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus c\u2019est le genre de train \u00e0 s\u2019arr\u00eater \u00e0 toutes les gares de campagne et \u00e0 chaque fois c\u2019est le m\u00eame cirque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, une place se lib\u00e8re dans le compartiment face \u00e0 nous : Miss O. s\u2019y installe prestement tandis que j\u2019occupe d\u00e9sormais un des deux seuls strapontins du couloir. Quand son \u00ab\u00a0propri\u00e9taire\u00a0\u00bb revient des toilettes, sympa, il ne bronche pas, il s\u2019allonge carr\u00e9ment par terre, s\u2019allume sa quatri\u00e8me clope et s\u2019endort \u00e0 mes pieds.<\/p>\n\n\n\n<p>Je le regarde comme \u00e7a pendant deux heures en somnolant : c\u2019est cyclique, le type s\u2019endort avec sa clope se consumant doucement, puis se r\u00e9veille quand elle commence \u00e0 lui bruler la main. Il en rallume alors une autre, se rallonge et se rendort illico presto.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi je m\u2019endors juste au moment o\u00f9 un type se penche vers moi et me demande un truc en italien (du genre : on est arriv\u00e9 \u00e0 Milan ??). Je lui dis non, mais il s\u2019obstine \u00e0 penser que si, et il veut passer avec ses grosses valises&#8230; T\u00eatu le gars ! Il r\u00e9ussit m\u00eame \u00e0 enjamber l\u2019homme allong\u00e9 dans la p\u00e9nombre sans le r\u00e9veiller !<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, il a raison, on est arriv\u00e9&#8230; Il est six heures du mat\u2019, maintenant on doit prendre le m\u00e9tro en vitesse pour attraper le bus qui nous ram\u00e8ne en France&#8230; La fin des vacances approche. Je vais pouvoir dormir.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"malin-b\u00e9b\u00e9\">Malin b\u00e9b\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 21 janvier 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De mon salon, m\u00eame sans \u00e9couter, on entend tout ce qui se passe dans le couloir de l\u2019immeuble et quel que soit l\u2019\u00e9tage (\u00e7a r\u00e9sonne vraiment \u00e0 fond). Je peux aussi entendre les voisins de palier, de droite ou de gauche, selon que je me trouve dans la cuisine ou dans la chambre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 par exemple, en cette fin d\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019entends la voisine de palier qui rentre avec ses deux enfants. Puis j\u2019entends (sans \u00e9couter, je pr\u00e9cise) une porte qui claque et un \u00ab\u00a0meerde !!\u00a0\u00bb. Au bout de quelques minutes, je me rends compte qu\u2019elle appelle son b\u00e9b\u00e9 (deux ans) depuis le couloir : \u00a0\u00bb vient b\u00e9b\u00e9 [1], c\u2019est maman ! Ouvre la porte, b\u00e9b\u00e9, viens, ouvre la porte \u00e0 maman, b\u00e9b\u00e9 !! ouvre mon b\u00e9b\u00e9, la porte !\u00a0\u00bb&#8230; l\u00e0 j\u2019\u00e9coute&#8230; Puis je finis par sortir, quand m\u00eame. Elle s\u2019est bien coinc\u00e9e dehors, la voisine. Elle vient d\u2019appeler son mari qui va arriver&#8230; en attendant, il faut qu\u2019elle occupe le b\u00e9b\u00e9 qu\u2019il ne s\u2019\u00e9loigne pas tout seul dans l\u2019appart, elle h\u00e9site \u00e0 appeler les pompiers&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre voisine arrive et on dissuade la m\u00e8re pour les pompiers parce qu\u2019ils vont d\u00e9foncer la porte. Si papa \u00e9tait injoignable \u00e0 la rigueur&#8230; Mais papa arrive ! bref, je finis par rentrer chez moi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Papa arrive, ouvre la porte, tire la poign\u00e9e b\u00e9b\u00e9, ouvre la porte, c\u2019est maman, papa arrive !(&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>Ah ! enfin ! j\u2019h\u00e9sitais vraiment \u00e0 appeler les pompiers, tu sais &#8230; clic, clac, b\u00e9b\u00e9 ! on ouvre (&#8230;) clac, clac&#8230; b\u00e9b\u00e9 !\u00a0\u00bb clic, clic (&#8230;) BOM !BOM !!(&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>Apparemment, \u00e7a ne se passe pas comme ils ont pr\u00e9vu&#8230; ouinnnnnnn (b\u00e9b\u00e9 \u00e9tait rest\u00e9 \u00e9trangement calme jusqu\u2019\u00e0 maintenant).<\/p>\n\n\n\n<p>BOM !BOM !!\u00a0\u00bb Mais arr\u00eate ! On appelle les pompiers et ils casseront la fen\u00eatre au lieu de la porte !!\u00a0\u00bb (&#8230;) boum, boum, zzzz, zzzz, ouin (ils d\u00e9coupent la porte \u00e0 la scie ou quoi ??) toc, toc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oui ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Vous n\u2019auriez pas d\u2019autres outils ? On a ouvert la porte, mais, euh, b\u00e9b\u00e9 a aussi ferm\u00e9 le loquet.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malin b\u00e9b\u00e9 !! je pars jeter un \u0153il parmi mes rares outils, mais finalement la scie a m\u00e9taux du voisin du dessus (qui entendait tout lui aussi) ach\u00e8ve le loquet. Chacun peut rentrer chez soi&#8230; Pas de scandale, pas de grande \u00e9chelle des pompiers !<\/p>\n\n\n\n<p>Notes :[1] pr\u00e9nom du b\u00e9b\u00e9 que j\u2019ai oubli\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"cou-cou-les-pompiers\">cou-cou les pompiers<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 18 f\u00e9vrier 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Demain est mon premier jour de (nouveau) travail ! J\u2019ai tout pr\u00e9vu : j\u2019ai remont\u00e9 la voiture familiale de Paris aujourd\u2019hui, je pr\u00e9pare mes affaires pour demain matin, et hop ! au lit&#8230; Enfin, plut\u00f4t, aie ! au lit&#8230; Bin oui, j\u2019ai eu mal au dos toute la journ\u00e9e&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lendemain matin, sept heures, le r\u00e9veil sonne. Je l\u2019attends depuis des plombes : je n\u2019ai pas ferm\u00e9 l\u2019\u0153il de la nuit, allong\u00e9 sur un lit de douleurs dorsales, aucune position tenable&#8230; Je suis dans un \u00e9tat pitoyable. Bon je me force quand m\u00eame \u00e0 me lever au prix de v\u00e9ritables d\u00e9charges \u00e9lectriques. Je prends une douche aie !, je me rase aieuh !&#8230; Un caf\u00e9 ouille !. Bon&#8230; je m\u2019habille&#8230; Iarggg, j\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 lever les bras pour enfiler un teeshirt sans hurler&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois je crois que c\u2019est d\u00e9finitivement loup\u00e9 pour mon premier jour de boulot&#8230; Il sera repouss\u00e9 de quarante huit heures : \u00ab\u00a0vert\u00e8bre bloqu\u00e9e enflamm\u00e9e\u00a0\u00bb diagnostique le docteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019ennuie aujourd\u2019hui, mais je m\u2019ennuie ! Assis c\u2019est horrible, allong\u00e9 encore pire&#8230; Je ne peux rien faire, \u00e0 part rester debout tout courb\u00e9 sans lever la t\u00eate&#8230; \u00c7a limite un peu les occupations !<\/p>\n\n\n\n<p>Bon alors je regarde en bas dans la rue par la fen\u00eatre de la cuisine&#8230; Passionnant.<\/p>\n\n\n\n<p>Tiens qu\u2019est-ce qu\u2019il veut celui-l\u00e0 \u00e0 l\u2019arr\u00eat de bus ? il me voit ?? Il arr\u00eate pas de me regarder ? Et lui aussi ?<\/p>\n\n\n\n<p>crrr je tourne p\u00e9niblement mon corps endolori et l\u00e0&#8230; LA GRANDE \u00c9CHELLE DES POMPIERS ! Oui ! juste a quelques m\u00e8tres de ma fen\u00eatre&#8230; Ils sont deux sur leur petite plateforme qui monte et qui monte, \u00e7a les fait marrer&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pas tous les jours que je vois \u00e7a ! Je leur ferais bien un signe de t\u00eate, mais, voil\u00e0, j\u2019ai une esp\u00e8ce de torticolis g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 moi ! Bon en tout cas ils n\u2019ont pas l\u2019air de vouloir rester \u00e0 mon \u00e9tage, ils montent plus haut, au dess&#8230; AIEUH !!<\/p>\n\n\n\n<p>Je finis quand m\u00eame par aller voir dans le couloir ce qui se passe, c\u2019est que ce n\u2019est pas le jour pour jouer les h\u00e9ros et \u00e9vacuer l\u2019immeuble en courant dans l\u2019escalier, une petite vieille dans les bras ! Mais en fait rien de grave. Je peux retourner \u00e0 ma fen\u00eatre un moment \ud83d\ude10<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-face-\u00e0-face\">Le face \u00e0 face<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 17 avril 2004, par gabz\u00e9ta, Champagne au mont d\u2019or <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je m\u2019attendais a me retrouver dans un petit atelier d\u2019artisan menuisier-plaquiste, le truc avec des copeaux partout et qui sent bon la colle \u00e0 bois&#8230; Mais l\u00e0, c\u2019est en face d\u2019une m\u00e9ga villa avec mur d\u2019enceinte et vue plongeante sur la piscine que je me retrouve&#8230; Je sonne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BZZ, la cam\u00e9ra se met en marche \u00e0 l\u2019interphone :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonjour, je viens pour travailler sur le site Internet !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ah oui, rrentrrez (\u00e9norme accent portugais) ccccrrrr, le portail \u00e9lectronique s\u2019entrouvre et me laisse passer, puis se referme derri\u00e8re moi&#8230; Me voil\u00e0 face \u00e0 la maison, dans une cour hyper tape-\u00e0-l\u2019\u0153il, j\u2019apprendrais plus tard que monsieur a tout fait lui-m\u00eame, mais pour l\u2019instant la seule chose que j\u2019apprends, c\u2019est que le doberman, l\u00e0-bas, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la piscine, m\u2019a rep\u00e9r\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 vrai dire, j\u2019ai un tr\u00e8s mauvais souvenir de doberman de quand j\u2019\u00e9tais petit, du genre il \u00e9tait sur le point de me sauter \u00e0 la gueule quand on l\u2019a rattrap\u00e9 de justesse par le collier. Alors pendant longtemps les chiens, j\u2019ai \u00e9vit\u00e9&#8230; Puis \u00e7a s\u2019est tass\u00e9 avec le temps&#8230; m\u00eame si pour les dobermans en libert\u00e9, j\u2019ai franchement du mal&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a y est le voil\u00e0 qui d\u00e9vale le sentier dans ma direction&#8230; Toute retraite est impossible -Fin du flashback de quand j\u2019\u00e9tais petit, pas le temps de penser \u00e0 \u00e7a : je m\u2019immobilise, puis avance \u00e0 tous petits pas sans mouvements brusques : fous-moi la paix sale-chien ! je me mets a penser tr\u00e8s fort. Allez-casse-toi ! fous-moi la paix !<\/p>\n\n\n\n<p>Le voil\u00e0 qui ralentit et se met \u00e0 me tourner autour en silence&#8230; On se regarde dans les yeux&#8230; Un grand moment de western comme dans les Dents de la mer&#8230; Puis un type au t\u00e9l\u00e9phone sors de je ne sais o\u00f9 :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00e8ntrrez, \u00e8nrtrez ! parrr itchi, ah !ah ! Il est pas m\u00e9chant !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mouais&#8230; Grrr, je pr\u00e9f\u00e8re les chats !!<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-panth\u00e8re-rose-au-march\u00e9\">La panth\u00e8re rose au march\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 18 mai 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon, X-rousse<\/p>\n\n\n\n<p><strong>J\u2019ai regard\u00e9 quelques vieux \u00ab\u00a0pink panther\u00a0\u00bb de Peter sellers r\u00e9cemment. Oui, ceux-l\u00e0 m\u00eames avec mister catastrophe en personne, l\u2019inspecteur Clouzeau, celui qui peut pas faire trois m\u00e8tres sans se manger une porte, un mur, quand ce n\u2019est pas la baraque enti\u00e8re qui s\u2019effondre !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai qu\u2019il y a des gags tellement classiques qu\u2019on n\u2019imagine pas qu\u2019ils puissent arriver en vrai&#8230; Or ce dimanche au march\u00e9 de la croix rousse, j\u2019avance p\u00e9niblement dans une all\u00e9e remplie de monde quant un type en face de moi entame un m\u00e9ga d\u00e9rapage incontr\u00f4l\u00e9 et manque juste de s\u2019\u00e9crouler sur moi avec tous ces sacs remplis de l\u00e9gumes. Lui, bien sur, il fait comme si de rien n\u2019\u00e9tait et continue dans la foule, mais moi : mort de rire ! Tout \u00e7a \u00e0 cause d\u2019une mis\u00e9rable banane qui trainait l\u00e0, vicieusement abandonn\u00e9e par terre ! Je savais m\u00eame pas qu\u2019on pouvait vraiment glisser sur une banane. Il me semble qu\u2019on avait tent\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience avec des copains quand j\u2019\u00e9tais petit, mais que \u00e7a marchait pas&#8230; Comme quoi les b\u00e9d\u00e9s, \u00e7a dit la v\u00e9rit\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-magie-de-lordinateur\">La magie de l\u2019ordinateur<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 29 juillet 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>je suis chez un client, un artisan menuisier et je lui montre comment il va pouvoir g\u00e9rer lui-m\u00eame le contenu de son site Internet. Il est tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Bon voil\u00e0, l\u00e0 vous avez les images d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans votre catalogue. Pour en rentrer de nouvelles&#8230; On va prendre un exemple : je clique sur ce bouton pour ouvrir une fen\u00eatre et chercher l\u2019image dans l\u2019ordinateur, puis valide pour la charger sur le site&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je clique&#8230; la fen\u00eatre s\u2019ouvre par d\u00e9faut sur un dossier rempli d\u2019images pornos (par d\u2019erreur possible, gr\u00e2ce \u00e0 la petite, mais efficace pr\u00e9visualisation du contenu) je regarde le client et manque d\u2019exploser de rire devant sa mine d\u00e9compos\u00e9e&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Je t\u00e2che de rester s\u00e9rieux et de continuer ma d\u00e9monstration, un peu g\u00ean\u00e9 quand m\u00eame. Un ange passe le temps d\u2019une fraction de seconde&#8230;le m\u00eame genre d\u2019ambiance que quand on l\u00e2che un gros pet incontr\u00f4l\u00e9 pendant une conversation, et que les autres font comme s\u2019ils n\u2019avaient rien entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Euh, oui, c\u2019est le genre de chose qu\u2019il vaut mieux bien cacher au fond de l\u2019ordinateur&#8230;\u00a0\u00bb (Je cherche f\u00e9brilement, un autre dossier pour trouver une image a charger, mais j\u2019arrive pas&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0non, par ici, oui c\u2019est l\u00e0, dans ce dossier&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il me montre, et je fais un gros effort de concentration tellement j\u2019ai envie de me marrer&#8230; j\u2019imagine la m\u00eame situation, mais avec sa fille et sa femme qui sont cens\u00e9es l\u2019aider a mettre \u00e0 jour son catalogue&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>On continue la d\u00e9monstration, mais ya pas moyen, j\u2019arrive plus \u00e0 le voir comme avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mort de rire !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"transports-gratuits-pour-tous\">Transports gratuits pour tous !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 2 octobre 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce bus qui n\u2019arrive pas&#8230; je vais \u00eatre en retard au cin\u00e9ma ! \u00c7a la fout mal, vu que j\u2019ai bien insist\u00e9 : \u00ab\u00a0mademoiselle, rendez-vous \u00e0 17h35 ! pas 17h40 !\u00a0\u00bb Ah ! le voil\u00e0 ce bus !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis donc de mauvaise humeur, plut\u00f4t stress\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien entendu, le bus s\u2019arr\u00eate 5 m\u00e8tres apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat, comme si je n\u2019existais pas&#8230; grr, encore un chauffeur d\u00e9bile.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019en ai crois\u00e9 des cas sur cette ligne : des chauffards qui font tomber les petits vieux en d\u00e9marrant, d\u2019autres qui grillent carr\u00e9ment les feux, il y a ceux qui mettent la radio \u00e0 fond sur \u00ab\u00a0pourrie FM\u00a0\u00bb, quand c\u2019est pas carr\u00e9ment le connard \u00e0 la grande gueule raciste.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, je monte dans le bus en regardant le chauffeur droit dans les yeux avec le regard de l\u2019ours des cavernes. Puis je sors mes tunes, parce que je suis honn\u00eate en ce moment, et je demande un ticket.<\/p>\n\n\n\n<p>l\u00e0, il me regarde et il me dit :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Y en a plus ! J\u2019ai vendu tous les tickets ! allez-y !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>je ne m\u2019attendais vraiment pas \u00e0 un plan comme \u00e7a, j\u2019hallucine une seconde :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Ah. Bon. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019il n\u2019y aura pas de contr\u00f4le, eh, eh.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0On va regarder !\u00a0\u00bb qu\u2019il me dit, en me montrant sa boite \u00e0 tickets&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais m\u2019assoir et je me demande une minute si la boite \u00e0 tickets est aussi une boite \u00e0 d\u00e9tecter les contr\u00f4leurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 la part-dieu, je prends un autre bus, mais pas de ticket. Il y a des habitudes qui se prennent vite.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"aujourdhui-cest-lundi\">Aujourd\u2019hui, c\u2019est lundi<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 11 octobre 2004, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>8h30 : au croisement de ma rue, une voiture s\u2019est salement gar\u00e9e, et j\u2019y vois rien : je m\u2019avance doucement sur le boulevard et l\u00e0, un putain de taxi d\u00e9boule \u00e0 angle droit et me fr\u00f4le \u00e0 90 \u00e0 l\u2019heure au moins. 50 cm de plus et je me faisais litt\u00e9ralement exploser !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>8h50 : je suis toujours \u00e0 800m de chez moi, apr\u00e8s le camion des \u00e9boueurs, c\u2019est le bus qui bloque la rue, l\u2019embouteillage d\u00e8s le r\u00e9veil, \u00e7a fout la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>9h50 : rendez-vous dans le brouillard au fin fond de la cambrousse, chez un des pires clients du moment ; il me tient la grappe deux heures pour des conneries et veut tout changer sur son site Internet, alors qu\u2019il a pas \u00e9t\u00e9 foutu de me donner une seule info potable depuis le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>12h30 : j\u2019ai mon fr\u00e8re au t\u00e9l\u00e9phone qui me dit qu\u2019il ne sera pas l\u00e0 si on d\u00e9cale la date de l\u2019anniversaire de papa\/maman&#8230; tant pis pour mon weekend prolong\u00e9 \u00e0 Paris, je serais quitte pour un aller\/retour \u00e0 l\u2019arrache&#8230; bon, c\u2019est ma faute, je m\u2019y prends trop tard, mais \u00e7a m\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre d\u00e9gout\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>18h : je quitte le boulot en trombe pour t\u00e2cher d\u2019arriver \u00e0 l\u2019heure \u00e0 un premier cours d\u2019A\u00efkido au cas ou il serait pas d\u00e9j\u00e0 complet : j\u2019ai 45mn devant moi. Je dois traverser Lyon et Villeurbanne. Pas gagn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>18h20 : j\u2019arrive \u00e0 la part Dieu, tout est encore possible, m\u00eame si \u00e7a devient plut\u00f4t encombr\u00e9 au bout de la rue. j\u2019acc\u00e9l\u00e8re au moment ou une connasse d\u00e9cide de traverser au rouge en regardant les nuages dans le ciel : deuxi\u00e8me m\u00e9ga frayeur de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>18h43 : je fais 30 m\u00e8tres en 3 minutes, puis les 10 m\u00e8tres restant en 20 minutes pour me retrouver inextricablement coinc\u00e9 a l\u2019entr\u00e9e d\u2019un rondpoint avec 150 automobilistes qui deviennent tous dingues : tout droit, c\u2019est ma route et c\u2019est l\u2019enfer, \u00e0 droite je rentre chez moi, j\u2019ai une seconde pour me d\u00e9cider&#8230; je craque ! tant pis pour l\u2019a\u00efkido, d\u2019ailleurs c\u2019est d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>19h : encore un bon quart d\u2019heure pour franchir 1 malheureux kilom\u00e8tre&#8230; Et dire que ce n\u2019est que le d\u00e9but de 3 ans de chantier du nouveau tram&#8230; dans ma rue je rep\u00e8re un chien joyeux qui farandole au milieu de la rue, \u00e9videmment il d\u00e9cide de tourner courir vers son maitre pile au moment ou je passe : je freine \u00e0 bloc !<\/p>\n\n\n\n<p>19h03 : son con de maitre m\u2019explique que son chien est devenu sourd, qu\u2019il ne m\u2019a pas entendu, que c\u2019est pas sa faute, mais qu\u2019il l\u2019a grond\u00e9 : j\u2019ai envie de lui piquer ses \u00e9normes lunettes triples foyer au binoclard, pasque son chien, je sais pas s\u2019il est sourd, mais il est comme lui : con et aveugle.<\/p>\n\n\n\n<p>Moralit\u00e9 : je serre les dents et je m\u2019entraine au self contr\u00f4le pour un hypoth\u00e9tique cours d\u2019a\u00efkido. La journ\u00e9e n\u2019est pas totalement rat\u00e9e : je ne me suis pas fait pulv\u00e9riser, je n\u2019ai pas tu\u00e9 de femme, ni de chien. Et en plus j\u2019\u00e9teins mon ordinateur, tout de suite, maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p>Postscriptum : et je corrige les fautes demain<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mon-premier-rendez-vous-en-chaussettes\">Mon premier rendez-vous en chaussettes<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 1er f\u00e9vrier 2005, par gabz\u00e9ta, Vieux Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rendez-vous chez un client dans le Vieux Lyon. Il fait froid, gris, mais joli quartier, m\u00e9di\u00e9val. Dans le coin, on se balade le nez en l\u2019air&#8230; Je trouve la petite rue sinueuse et la boutique, une librairie de livres anciens. Je rentre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des murs entiers de livres aux tranches dor\u00e9es&#8230; magnifique. Je complimente le patron et on passe dans l\u2019arri\u00e8re-salle. Je prends un si\u00e8ge et il commence a m\u2019expliquer les objectifs de son site web, le fonctionnement de son catalogue, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Il parle, il parle, et \u00e0 un moment, moi je regarde mes pieds&#8230; Horreur ! Une merde de chien, un \u00e9tron de folie est plaqu\u00e9 sur ma semelle ! On peut me suivre \u00e0 la trace !<\/p>\n\n\n\n<p>Hyper g\u00ean\u00e9, je l\u2019interromps pour lui annoncer la nouvelle&#8230; Puis j\u2019essaye d\u2019essuyer \u00e7a avec un pitoyable kleenex. Mais c\u2019est pas possible ! il y en a trop et il y a rien de correct pour nettoyer ! Au bout de trois autres kleenex, il me fait sortir par la porte de derri\u00e8re (une jolie cour int\u00e9rieure, typique du quartier St Georges). Je cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment un endroit o\u00f9 racler le sol, mais \u00e7a reste incrust\u00e9 cette saloperie. Pitoyablement, je retourne le voir et lui propose d\u2019enlever mes chaussures. \u00c0 sa demande, je les laisse dehors (pourvu qu\u2019on me les pique pas) et me voil\u00e0 \u00e0 continuer l\u2019entretien en chaussettes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un moment sa femme arrive : elle sait, elle, o\u00f9 trouver quelque chose pour nettoyer la librairie ! Et puis elle me propose une petite serviette pour y poser mes petits pieds glac\u00e9s. J\u2019appr\u00e9cie l\u2019attention. \u00c0 la fin je leur dis au revoir, tout en refilant mes chaussures. \u00c7a fait bizarre. Puis je rentre chez moi nettoyer tout \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-bi\u00e8re-qui-mouille\">La bi\u00e8re qui mouille<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 14 f\u00e9vrier 2005, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un petit drame, rapide et brutal, comme il en arrive des dizaines le samedi soir dans les soir\u00e9es hip-hop&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0, j\u2019arrive avec 3\/4 d\u2019heure de retard au caf\u00e9 concert. En plus, c\u2019est la sortie du match de foot, la salle est remplie de houligans de 7 \u00e0 77 ans. \u00c7a craint. Ah oui, pour couronner le tout, j\u2019ai oubli\u00e9 mes tunes&#8230; Bref.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il faut hurler pour s\u2019entendre, on change de salle avec les amis (qui m\u2019offrent une bi\u00e8re, je les en remercie, j\u2019ai soif). Mais comme c\u2019est du dancehall raggamuffin dans les platines, on finit par se d\u00e9cider \u00e0 aller danser un peu&#8230; Enfin je dis danser&#8230; On est hyper mou, donc, on chaloupe d\u2019un pied a l\u2019autre, en regardant autour de nous&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, des breaks-dancers, mais ils se la jouent snobs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ma gauche, les rois de la piste sont 2 informaticiens trentenaires (en chemises) et des touristes asiatiques qui se font draguer par des rebeus quarantenaires.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ma droite, d\u00e9barquent deux supporteurs hilares, bi\u00e8res en main, bras bien hauts : Eeeeh ! ooooh ! Ils sautillent, tournent sur eux m\u00eame une fois, deux fois&#8230; Et un demi-litre de bi\u00e8re d\u00e9colle pour finir sa course en pleine face du pauvre type au chapeau mou qui passait par l\u00e0. Trop fort ! en visant, j\u2019aurais pas r\u00e9ussi un coup si pr\u00e9cis ! j\u2019ai un m\u00e9chant fou rire qui me prend, mais c\u2019est trop g\u00eanant. Faut pas qu\u2019on rigole ou \u00e7a va tourner \u00e0 l\u2019embrouille directe. Le fautif a les boules, il s\u2019excuse platement en frappant son c\u0153ur avec son poing 3\/4 fois&#8230; C\u2019est alors qu\u2019arrive un pote \u00e0 l\u2019arros\u00e9 (petit, mais costaud) :<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qui se passe ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ils m\u2019ont arros\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>Frappe-les !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que le drame se joue ! Va-t-il se laisser envahir par cette humiliation humide ? Et toute cette musique violente qui nous prend aux tripes ? &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, non. C\u2019\u00e9tait un type cool, malgr\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 obscur du chapeau mou. Il se casse au bar avec son pote (mort de rire). Les deux houligans eux, quittent la soir\u00e9e illico presto.La piste s\u2019est encore un peu vid\u00e9e, mais \u00e7a y est, on peut rigoler, eh, eh, eh, qu\u2019est ce qu\u2019il a mang\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-coup-d\u0153il-de-lartiste\">Le coup d\u2019\u0153il de l\u2019artiste<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20 f\u00e9vrier 2005, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>21h \u00e0 la gare de la part Dieu, le TGV pour Paris est annonc\u00e9 avec du retard. Comme il faut bien s\u2019occuper, je regarde les gens. Tous ces gens qui finissent leur semaine et qui s\u2019appr\u00eatent \u00e0 rejoindre la capitale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mon \u0153il de lynx est imm\u00e9diatement attir\u00e9 vers une jeune femme assise \u00e0 quelques m\u00e8tres de moi. Elle dessine f\u00e9brilement dans un petit cahier, malgr\u00e9 le froid glacial. Elle est asiatique, avec un gros sac \u00e0 dos \u00e0 ses pieds ; j\u2019en d\u00e9duis qu\u2019elle est en voyage, qu\u2019elle se fait un journal de bord, rempli de tronches de fran\u00e7ais. Je me tords un peu le cou pour voir \u00e7a&#8230; Elle est habile et elle croque des silhouettes et des visages en quelques traits nerveux&#8230; Elle n\u2019a pas loup\u00e9 le vieux au b\u00e9ret et maintenant elle s\u2019attaque \u00e0 un chauve en costard, avec son oreillette I-Tech pour I-pod branchouille. Autour de moi, on la regarde, \u00e0 demi curieux, \u00e0 demi g\u00ean\u00e9 de la surveiller ainsi.\u00c0 un moment je me l\u00e8ve pour me d\u00e9gourdir les jambes. Je continue \u00e0 l\u2019observer, mais de biais, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de mon champ de vision&#8230; Je per\u00e7ois ses gestes et ses mouvements, ses regards, furtifs et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans ma direction : \u00e7a y est, c\u2019est tomb\u00e9 sur moi, je le sens. Aurais-je une t\u00eate de frenchie ? Je fais comme si de rien n\u2019\u00e9tait, mais j\u2019ai comme l\u2019impression de prendre une pose forc\u00e9e, je ne sais plus que faire pour avoir l\u2019air naturel et je n\u2019ose pas la regarder non plus&#8230; \u00c7a devient p\u00e9nible, alors je me rassieds et puis je la regarde franchement, m\u2019appr\u00eatant \u00e0 lui d\u00e9cocher un grand sourire quand nos regards se croiseront&#8230; Mais non. Elle continue de plus belle \u00e0 alterner coups d\u2019\u0153il quai\/carnet l\u00e0 o\u00f9 je me trouvais quelques secondes auparavant. Sa cible, c\u2019\u00e9tait le type aux cheveux longs derri\u00e8re moi ! l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9\u00e7u, quand m\u00eame, je ramasse mon sac et je m\u2019\u00e9loigne, \u00e0 la recherche de l\u2019emplacement de la voiture 15.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-mer-de-tous-les-vices\">La mer de tous les vices<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 28 septembre 2005, par gabz\u00e9ta, Ravenne &#8211; Italie<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9t\u00e9, les vacances en Italie, le camping en famille et sa plage idyllique&#8230;l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 on a failli tous se noyer avec mes fr\u00e8res et ma s\u0153ur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le d\u00e9but des ann\u00e9es 90 du si\u00e8cle dernier. Il fait beau, la plage de sable fin est vide, le drapeau vert flotte fi\u00e8rement non loin de la digue de rocher&#8230; Alors \u00e9videmment, nous on se baigne ! Insolente jeunesse (19, 16, 14 et 11 ans )&#8230; Qui aurait cru que ce grand requin blanc \u00e9chapp\u00e9 de&#8230; non l\u00e0, je m\u2019\u00e9gare.<\/p>\n\n\n\n<p>Je disais donc : Drapeau vert, c\u2019est OK. Dans l\u2019eau, \u00e7a descend en pente douce, c\u2019est tranquille, on barbote, on rigole&#8230; Et puis voil\u00e0 que le petit fr\u00e8re commence \u00e0 trouver cela difficile : il n\u2019a plus pied et c\u2019est vrai qu\u2019on se trouve la sensation de d\u00e9river un peu contre notre gr\u00e9, \u00e0 ce moment-l\u00e0. En fait, c\u2019est vite vu. On est dans un trou et un courant de fond nous entra\u00eene vers le large carr\u00e9ment contre notre gr\u00e9, d\u00e8s qu\u2019on essaye de retourner vers la plage !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, tout se passe tr\u00e8s vite. Je veux dire : la panique. Le petit fr\u00e8re commence \u00e0 couler, bon r\u00e9flexe : il s\u2019accroche \u00e0 moi. Mais du coup, c\u2019est moi qui n\u2019y arrive plus trop l\u00e0&#8230; Moi, le mannequin \u00e0 ramener du fond de la piscine, j\u2019y arrivai jamais \u00e0 l\u2019\u00e9cole ! Les autres, c\u2019est pareil, ils gal\u00e8rent comme des malades. Mais qu\u2019est ce qu\u2019on fait ?? il n\u2019y a personne du c\u00f4t\u00e9 de la plage pour crier au secours !<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une bonne tasse, on se dit qu\u2019il faut qu\u2019on rejoigne cette digue, l\u00e0-bas. Le seul \u00e9l\u00e9ment solide qui ne semble pas trop inaccessible. On y va ! on progresse p\u00e9niblement dans les vagues, toujours \u00e0 contre-courant, puis je vois mon fr\u00e8re un peu devant nous (pas celui que je tiens dans mes bras, l\u2019autre) se faire litt\u00e9ralement projeter contre les rochers. Le courant change \u00e0 notre endroit. Ma s\u0153ur s\u2019y agrippe aussi et puis c\u2019est notre tour. Et c\u2019est vrai qu\u2019ils sont un carr\u00e9ment rugueux et pointu, ces rochers. Mais bon, nous voil\u00e0 \u00e0 gravir la digue et \u00e0 retourner sur la plage. Les autres rentrent en courant au camping. Moi je me sens lessiv\u00e9. Je m\u2019allonge dans le sable et je ferme les yeux. J\u2019ai du mal \u00e0 y croire. \u00c7a n\u2019a pas dur\u00e9 10 minutes et on a failli y passer tous les quatre.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-course-au-v\u00e9lov\">La course au v\u00e9lo\u2019v<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 15 novembre 2005, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On ne peut plus se promener dans Lyon sans croiser des dizaines de cyclistes \u00e0 v\u00e9los\u2019v. Il faut dire que c\u2019est g\u00e9nial : un v\u00e9lo\u2019v en libre acc\u00e8s et gratos pour la demi-heure&#8230; \u00c0 Lyon, on en fait du chemin en une demi-heure !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, \u00e7a fait un moment que je n\u2019en ai pas pris, alors, en ce samedi ensoleill\u00e9, je profite du beau temps et marche jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arr\u00eat le plus proche&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur place, plusieurs v\u00e9los sont attach\u00e9s, mais la machine n\u2019en d\u00e9tecte qu\u2019un&#8230; Soit. Je passe ma carte et le d\u00e9croche vigoureusement. \u00c0 ce moment-l\u00e0, un type, qui doit \u00eatre sponsoris\u00e9 par son PMU de quartier tellement il a une t\u00eate d\u2019alcoolo, m\u2019interpelle :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0mais les v\u00e9los, l\u00e0 ! Comment vous faites quand l\u2019arr\u00eat il est plein ? Hein, comment vous faites ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Ben&#8230; On cherche un autre arr\u00eat.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui, mais ! Parce qu\u2019\u00e0 Gerland les soirs de match, j\u2019ai bien vu comme les arr\u00eats ils sont pleins ! Alors comment vous faites, hein ? \u00c0 Gerland !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0&#8230;Ben&#8230; On cherche un autre arr\u00eat ! Plus loin, quoi !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Ah.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant enfin r\u00e9ussi \u00e0 me d\u00e9barrasser de l\u2019\u00e9nergum\u00e8ne, j\u2019enfourche la b\u00e9cane !&#8230; Et me rend compte qu\u2019il y a un pneu crev\u00e9. Merde. Bon, allez, c\u2019est pas de chance. Je marche un bon quart d\u2019heure \u00e0 travers un no man\u2019s land de chantiers et de voies rapides : pas un seul autre arr\u00eat ! Ah si en voil\u00e0 un. Et il lui reste juste un v\u00e9lo\u2019v ! Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 le d\u00e9crocher vigoureusement, quand deux touristes espagnols ou latinos m\u2019interpellent : -\u00ab\u00a0credit card ? credit card ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je baragouine un truc en anglais tout en pianotant pour essayer de retrouver comment \u00e7a marche avec une carte bleue. \u00ab\u00a0credit card : OK but only, euh&#8230;blue card ! see ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Ah OK, OK\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ah merde ! Pas OK ! Il est d\u00e9raill\u00e9 le seul v\u00e9lo qui reste, l\u00e0 ! Et puis alors remettre la chaine de ces engins, c\u2019est un peu comme remettre la chenille d\u2019un tank : on laisse quelqu\u2019un d\u2019autre le faire ! Allez, c\u2019est reparti pour une petite marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la route, j\u2019arr\u00eate pas de croiser des cyclistes \u00e0 v\u00e9lo\u2019v, y\u2019en a partout, c\u2019est du d\u00e9lire total. D\u2019ailleurs, un de ceux qui vient de me d\u00e9passer stoppe \u00e0 l\u2019arr\u00eat suivant et change de b\u00e9cane. Je me rends compte que j\u2019ai pas trop le choix, plus que trois v\u00e9los, dont deux \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9soss\u00e9s (vandalis\u00e9s, comme qui dirait). Le type me dit que celui qu\u2019il vient de laisser a la selle cass\u00e9e, mais que bon, c\u2019est OK \u00e7a roule. Je dois avoir l\u2019air \u00e0 moiti\u00e9 convaincu parce qu\u2019il insiste et me plante un regard de marabout droit dans les yeux :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0\u00c7a roule, \u00e7a roule. Plus tu vas dans le centre, plus ils sont moins nombreux.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pff, j\u2019ai pas envie de me casser le cul moi ! Ah ! Un autre gars vient de ranger son v\u00e9lo&#8230; Mais la machine ne le d\u00e9tecte pas comme disponible.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence \u00e0 me gonfler cette histoire&#8230; Je continue \u00e0 pied jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arr\u00eat suivant, o\u00f9 je trouve plusieurs v\u00e9lo\u2019v disponibles. En apparence ! Car on ne me la fait plus \u00e0 moi ! Alors, je les snobe. Je continue droit devant, sans m\u00eame y jeter un regard ! Ouais, je suis comme \u00e7a, moi !De toute fa\u00e7on, je marche encore 10 minutes, et puis je suis arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"la-manche-\u00e7a-rapporte\">La manche, \u00e7a rapporte<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 18 d\u00e9cembre 2005, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mon paquet de tabac est vide et on est dimanche, \u00e9videmment. Heureusement \u00e0 Grange-Blanche, il y a LE tabac ouvert pour les toxicomanes les plus impr\u00e9voyants.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme je ne fais pas tout \u00e0 fait partie de cette seconde cat\u00e9gorie et que je suis un quelqu\u2019un de pr\u00e9voyant, je v\u00e9rifie l\u2019\u00e9tat de mon portemonnaie avant de me garer dans la double file des gens appartenant \u00e0 la premi\u00e8re cat\u00e9gorie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, horreur : il me reste 5 euros et 40 centimes&#8230; Un terrible doute me traverse : c\u2019est pas 5,50 le paquet ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, je m\u2019approche du tabac tout en fouillant habilement mes poches en esp\u00e9rant y sortir autre chose qu\u2019un tas de mouchoirs usag\u00e9s&#8230; Ah ? Ooh&#8230; Super, le fameux jeton de caddie de supermarch\u00e9&#8230; Celui qui a la forme d\u2019une pi\u00e8ce, la taille d\u2019une pi\u00e8ce&#8230; Et qui m\u2019aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile il y a deux jours&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019entr\u00e9e du tabac, une fille genre teuffarde neo-punk, me demande si j\u2019ai pas de la monnaie&#8230; Elle n\u2019a pas encore trop de piercings et malgr\u00e9 sa capuche, je me rends compte qu\u2019elle est jolie. Mais bon, la monnaie, c\u2019est probl\u00e8me aujourd\u2019hui&#8230; Je marmonne un truc du style que j\u2019ai pas assez pour mes clopes, mais que peut-\u00eatre bon on verra apr\u00e8s, quoi. (Pour une fois que c\u2019est vrai&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>En faisant la queue, je recompte bien attentivement ma ferraille et en additionnant les 2 et 1 centime j\u2019arrive pile-poil au compte pr\u00e9vu ! Ah, victoire !<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre plus de monnaie du tout&#8230; Je ressors donc en m\u2019appr\u00eatant \u00e0 proposer, \u00e0 d\u00e9faut de mieux, une clope \u00e0 la demoiselle, quand je suis arr\u00eat\u00e9 dans mon \u00e9lan par ce type, l\u00e0, au bonnet p\u00e9ruvien, qui \u00e9tait devant moi au tabac : il fait brusquement demi-tour au milieu de la rue, d\u00e9boule sur la jeune fille, lui tend un billet de 10 euros et repart aussi vite en trottinant !<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis un peu scotch\u00e9 (on voit pas \u00e7a tous les jours), mais pas autant qu\u2019elle je pense ! J\u2019observe la fille, l\u00e0, en commen\u00e7ant \u00e0 me rouler une clope. Je sens que je vais engager la conversation par une r\u00e9flexion sur la nature humaine, quelque chose de dr\u00f4le et subtil \u00e0 la fois&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais soudain, le type pr\u00e9voyant qui est en moi se rappelle qu\u2019il a une voiture, qu\u2019elle est l\u00e0, toute seule, au milieu de la route parce que la double file s\u2019est vid\u00e9e et que c\u2019est pas le moment de faire le k\u00e9k\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"comment-je-me-suis-mis-dans-le-foss\u00e9\">Comment je me suis mis dans le foss\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 22 avril 2006, par gabz\u00e9ta, entre Saint-Claude et Lons-le-Saunier<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est une heure du matin sur la petite route de campagne du Jura. Je file vers Oyonnax rejoindre l\u2019autoroute pour Lyon. J\u2019adore rouler dans la for\u00eat la nuit, mais l\u00e0 je suis bien fatigu\u00e9 et j\u2019en ai marre. Je roule un peu trop vite en fait, parce que lorsque la route disparait d\u2019un coup en face de moi et que je me mets \u00e0 freiner brutalement sans comprendre ce qui se passe, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop tard. La voiture d\u00e9vale un talus de 2 m\u00e8tres qui borde la route et se retrouve bloqu\u00e9e dans la pente, la roue avant enfonc\u00e9e dans l\u2019herbe mouill\u00e9e. Mi-s\u00e8re.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je sors, sous le choc, mais indemne&#8230; Je viens de traverser une double voie de part en part. Heureusement, elle \u00e9tait d\u00e9serte. Je suis verni. Enfin, ce n\u2019est pas vraiment ce que je me dis \u00e0 ce moment-l\u00e0 : lundi de P\u00e2ques. Une heure du matin. Bled inconnu. Campagne. Boulot \u00e0 Lyon dans quelques heures. Mais qu\u2019est ce que je vais faire, bonne m\u00e8re ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a \u00e0 cause d\u2019une maudite pochette, celle qui contient mon portefeuille et tous mes papiers. Celle que j\u2019oublie r\u00e9guli\u00e8rement partout o\u00f9 je passe. Beau final pour un gentil weekend de P\u00e2ques en famille, dans un gite au fin fond du Jura (vers la cascade du h\u00e9risson).<\/p>\n\n\n\n<p>Je quitte le gite vers 20h30, je roule une grosse heure dans la for\u00eat, et une fois au p\u00e9age de l\u2019autoroute d\u2019Oyonnax, je r\u00e9alise que je suis coinc\u00e9 comme un con. Pas de papiers, pas de carte bleue !<\/p>\n\n\n\n<p>Tant pis, je fais demi-tour rechercher tout \u00e7a en me demandant dans quelle clairi\u00e8re je vais bien pouvoir faire le plein d\u2019essence. Je flippe tout le trajet, l\u2019\u0153il riv\u00e9 sur le voyant lumineux, mais \u00e7a se passe bien. Je r\u00e9cup\u00e8re les papiers, et je trouve la seule station 24\/24 du coin, quelques kilom\u00e8tres avant de tomber en rade. Ouf. Il est minuit, c\u2019est reparti pour deux heures de route.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait sans compter sur ce sale carrefour hyper-malfoutu sans m\u00eame un panneau-stop. Donc, je me mange le foss\u00e9 et je me retrouve coinc\u00e9 l\u00e0. Une voiture passe. Chance, la conductrice veut bien s\u2019arr\u00eater (un type qui fait des grands signes au bord d\u2019une route la nuit au milieu de nulle part, c\u2019est pas forcement engageant). Elle appelle les pompiers, qui me passent la police, qui r\u00e9veille un garagiste. Alors que j\u2019essaye tant bien que mal de lui expliquer ma situation, je discute en m\u00eame temps avec un routier qui s\u2019est arr\u00eat\u00e9 et qui pense qu\u2019on va d\u00e9j\u00e0 pouvoir remettre la voiture droite. On ne peut pas la tracter de toute fa\u00e7on, il faudrait une grue ou un truc du genre. Oups, je raccroche malencontreusement le t\u00e9l\u00e9phone de la dame. J\u2019imagine que le garagiste \u00e0 l\u2019autre bout du fil part se recoucher, soulag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir convaincu la dame de monter dans la voiture pour d\u00e9marrer &#8211; elle est r\u00e9ticente, elle a peur que \u00e7a bascule &#8211; et en soulevant l\u2019avant de la Panda avec un nouvel automobiliste qui vient de s\u2019arr\u00eater, on arrive \u00e0 la placer \u00e0 plat en bas du talus. Et coup de chance (en fait la chance \u00e9tait avec moi cette nuit-l\u00e0), le talus commence 15 m\u00e8tres plus t\u00f4t, je peux donc revenir sur la route.Chacun reprend alors son chemin, mais je fais pas le fier, la voiture vibre de toute sa carcasse d\u00e8s que je d\u00e9passe le 60. Angoisse et bruits de casseroles pendant les deux heures de trajet qui me ram\u00e8nent vers mon lit ! Heureusement, la magic Panda a tenu bon. Et moi aussi. (je parle de mes nerfs).<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"labomination-qui-sortait-de-la-douche\">L\u2019abomination qui sortait de la douche<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 30 avril 2006, par gabz\u00e9ta, Lyon &#8211; hiver 2005<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce soir encore, en p\u00e9n\u00e9trant dans mon appartement, je suis pris \u00e0 la gorge par un atroce relent de pourriture. L\u2019odeur putride \u00e9mane de la salle de bain, du conduit de la douche plus exactement. Ce soir encore, j\u2019apaise le souffle immonde en lui accordant un demi-litre de produit chimique et gluant. Je ne sais quelle hideuse cr\u00e9ature je nourris ainsi, mais je sais que demain, cela recommencera.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce c\u00e9r\u00e9monial impie dure depuis le d\u00e9but de l\u2019hiver. M\u00eame si parfois il me semble que ma raison bascule, j\u2019arrive encore \u00e0 m\u2019endormir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 cette nuit de vendredi, o\u00f9 d\u2019horribles gargouillements gutturaux me tirent d\u2019un sommeil sans r\u00eaves. L\u2019esprit embrum\u00e9, je me dirige \u00e0 t\u00e2tons vers la salle de bain et \u00e9coute quelques secondes derri\u00e8re la porte, soigneusement ferm\u00e9e quelques heures plus t\u00f4t. N\u2019y tenant plus, je l\u2019ouvre brutalement et allume la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Un dernier borborygme obsc\u00e8ne se fait entendre, puis c\u2019est le silence. Au fond du lavabo et dans la douche, je trouve de curieuses d\u00e9jections membraneuses et gris\u00e2tres. Incapable d\u2019en entrevoir la nature organique ou v\u00e9g\u00e9tale, je retourne me coucher, hant\u00e9 par l\u2019image \u00e9c\u0153urante d\u2019une larve g\u00e9ante attendant la fin de sa mue pour \u00e9merger des tuyaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le matin, je me r\u00e9veille assomm\u00e9. Je suis en retard pour le travail, alors je quitte pr\u00e9cipitamment mon appartement sans m\u2019attarder dans la salle de bain. Je suis de retour vers minuit, apr\u00e8s une journ\u00e9e laborieuse et un ap\u00e9ro en ville qui m\u2019a d\u00e9finitivement \u00e9puis\u00e9. Demain \u00e0 l\u2019aube, je dois prendre le train pour Paris et je n\u2019ai pas encore fait mon sac. Sur la porte de mon appartement, je trouve un mot de la voisine \u00ab\u00a0Merci de passer au plus vite, probl\u00e8me sanitaire grave\u00a0\u00bb&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ouvre la porte&#8230; Et me voil\u00e0 qui patauge dans une flaque de pisse dilu\u00e9e, de merde et de papier hygi\u00e9nique d\u00e9compos\u00e9 ! Aaarg ! Bouch\u00e9es depuis une semaine, les chiottes des voisins ont fini par s\u2019\u00e9vacuer par ma douche et se sont d\u00e9vers\u00e9es jusque dans mon couloir ! C\u2019est beau la m\u00e9canique des fluides&#8230; Et id\u00e9al \u00e0 quelques heures d\u2019un d\u00e9part en vacances ! Il ne me reste plus qu\u2019\u00e0 \u00e9ponger tout \u00e7a&#8230; Bon app\u00e9tit.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"les-enfants-sont-formidables\">Les enfants sont formidables<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 16 mai 2006, par gabz\u00e9ta, Villeurbanne<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce samedi-l\u00e0, alors que je me trouve dans le m\u00e9tro &#8211; destination le magasin de bricolage &#8211; je suis le t\u00e9moin d\u2019une sc\u00e8ne touchante de na\u00efvet\u00e9 : tout d\u2019abord, mon oeil de faucon ne manque pas de rep\u00e9rer ces deux jeunes d\u00e9linquants pacifiques qui se roulent un p\u00e9tard au fond de la rame.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je les trouve d\u2019ailleurs bien inconscients, vu le z\u00e8le de surveillance haute s\u00e9curit\u00e9 dont font preuve les Transports en commun lyonnais de nos jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, je passe \u00e0 autre chose dans ma t\u00eate quand une voix stridente retentit dans le wagon :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Maman ! mamaaan ! Pourquoi les monsieurs ils brulent du chocolat ?!<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ils ne brulent pas du chocolat ! Sois sage et ne montre pas les gens du doigt.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Maman, si apr\u00e8s tu brules du chocolat, il est pas bon apr\u00e8s !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; chut !<\/p>\n\n\n\n<p>AH ! AH ! N\u2019est-ce pas formidable la magie de l\u2019enfance ? Il voit du chocolat partout le petit : mais grave erreur mon gar\u00e7on : CE N\u2019EST PAS DU COCOLAT ! C\u2019est du T\u00e9tra hydro cannabinol ! De la fleur de chanvre femelle dont on a extrait la r\u00e9sine ! Et que l\u2019on compresse ensuite avec du vieux pneu ! DE-LA-DROGUE ! AH !AH !AH !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, je ne mets pas \u00e0 l\u2019apostropher ainsi en hurlant \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un d\u00e9rat\u00e9. Je reste sto\u00efque et d\u00e9tach\u00e9. Comme tout le monde ici d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 ma station, j\u2019oublie rapidement cette anecdote pour me concentrer sur la liste des outils \u00e0 acheter, pi\u00e8tre bricoleur que je suis. Mais de retour dans le m\u00e9tro, me voil\u00e0 \u00e0 nouveau dans un wagon en compagnie de gens qui brulent du chocolat. D\u00e9cid\u00e9ment, c\u2019est une manie.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"comment-fabriquer-une-grenade-artisanale\">Comment fabriquer une grenade artisanale<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 11 septembre 2006, par gabz\u00e9ta, vers Perpignan<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a, c\u2019est facile : vous allez bient\u00f4t le savoir. Comment \u00e9viter qu\u2019elle ne vous p\u00e8te \u00e0 la gueule ? \u00c7a, par contre&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Localisation de l\u2019exp\u00e9rience :<\/p>\n\n\n\n<p>Un r\u00e9fectoire, si possible \u00e0 l\u2019heure du repas avec du monde dedans.<\/p>\n\n\n\n<p>Ingr\u00e9dients indispensables :<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u0153uf dur entier et \u00e9pluch\u00e9, que vous venez de prendre au self.<\/p>\n\n\n\n<p>Un four \u00e0 microonde en \u00e9tat de marche, qui se trouve non loin de votre place.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9roulement :<\/p>\n\n\n\n<p>Le coll\u00e8gue (\u00e7a se passe au boulot tout \u00e7a) se l\u00e8ve avec son \u0153uf dans sa petite assiette. Bien entendu, nous n\u2019y pr\u00eatons aucune attention, \u00e0 ce moment-l\u00e0, fous que nous sommes. Une minute \u00e0 peine passe et soudain : BLAM ! une \u00e9norme d\u00e9flagration retentit et tout le monde se retourne brutalement choqu\u00e9s et intrigu\u00e9s. On peut tous voir l\u2019ami Jo, sa petite assiette vide dans la main, \u00e9berlu\u00e9 et constell\u00e9 de microparticules d\u2019\u0153uf trop cuit sur le visage, pull, pantalon. Les tables voisines n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9es. La honte to-tale. Nous, on est mort de rire, mais on apprend pour l\u2019occasion -parce que nous sommes dou\u00e9s de la facult\u00e9 d\u2019apprentissage &#8211; qu\u2019apparemment c\u2019est connu : il ne faut jamais mettre un \u0153uf dur dans le microonde [1], \u00e7a le fait exploser.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ami Jo a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fort, c\u2019est qu\u2019il a fait r\u00e9chauffer l\u2019oeuf juste ce qu\u2019il fallait pour le laisser intact, le temps de le sortir d\u00e9licatement du four, et de se le laisser exploser en pleine poire. Du grand art.<\/p>\n\n\n\n<p>Postscriptum : La semaine prochaine : comment fabriquer une centrale nucl\u00e9aire avec une ficelle et deux pots de yaourt vides.<\/p>\n\n\n\n<p>Notes :[1] IN : securiteconso.org &gt; Commission de la S\u00e9curit\u00e9 des Consommateurs &gt; les fiches de pr\u00e9vention &gt; \u00c9quipement domestique et culinaire &gt; Fours domestiques \u00e0 microondes :\u201cNe faites jamais cuire d\u2019\u0153ufs avec leur coquille ni d\u2019\u0153uf au plat au four \u00e0 microonde, ni les escargots avec leurs coquilles. Ils exploseraient dans le four, ou pire, au moment o\u00f9 vous vous appr\u00eatez \u00e0 les consommer, provoquant ainsi des risques de br\u00fblures tr\u00e8s graves par projection de mati\u00e8re br\u00fblante\u201d.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-retour-de-la-pochette-maudite\">Le retour de la pochette maudite<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 27 septembre 2006, par gabz\u00e9ta, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>J\u2019ai un probl\u00e8me avec les petits sacs en bandouli\u00e8re dans lesquels je mets tous mes papiers, je le sais maintenant : c\u2019est \u00e0 la limite de la mal\u00e9diction. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019affaire du \u00ab\u00a0foss\u00e9\u00a0\u00bb, j\u2019ai vraiment eu des doutes. Apr\u00e8s la tourn\u00e9e des bars o\u00f9 je l\u2019ai oubli\u00e9 dans chaque rade, je me suis dit : \u00ab maudit ! maudit ! \u00bb Mais, j\u2019ai d\u00e9sormais un tout nouveau sac que l\u2019on m\u2019a offert et il est cool ! Pourtant, hier, aux environs de minuit et demi&#8230; je rentre chez moi au terme d\u2019une sympathique soir\u00e9e jeux de cartes chez des potes de potes qui sont en coloc. Oh, la conduite est fastidieuse, je suis bien fatigu\u00e9, mais finalement, j\u2019arrive en bas de ma rue, et je trouve m\u00eame une place disponible dans la contre-all\u00e9e, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a pas encore de voiture brul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sors&#8230; Et l\u00e0 : le flash ! tout me revient en une fraction de seconde ! l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019appart en d\u00e9but de soir\u00e9e avec mes deux sacs de jeux et ma pochette. Le d\u00e9part, avec mes deux sacs de jeux sans ma pochette&#8230; pitain : mes cl\u00e9s, mes papiers, mon t\u00e9l\u00e9phone ! Au fait, il \u00e9tait dans quelle rue cet appart ? Et ils s\u2019appelaient comment les gars chez qui j\u2019\u00e9tais ? Et meeerde&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, pas de panique, de toute fa\u00e7on, je n\u2019ai pas le choix : c\u2019est reparti pour la Croix-Rousse en voiture. Arriv\u00e9 l\u00e0-haut, je tente de rassembler mes instincts de pisteurs pour retrouver la rue dans laquelle nous \u00e9tions ce soir&#8230; OUI ! Bravo. Heureusement, c&rsquo;est au rez-de-chauss\u00e9e, et m\u00eame dans le noir, je reconnais \u00e0 travers les rideaux&#8230; Par contre, oui c\u2019est dans le noir&#8230; Ils dorment tous d\u00e9j\u00e0 l\u00e0-dedans&#8230; Au premier, une fen\u00eatre est entrouverte&#8230; Une authentique id\u00e9e g\u00e9niale jaillit alors de mon cerveau : je prends des petits cailloux que je jette doucement contre la fen\u00eatre. \u00c9preuve : en fait, c\u2019est pas facile de jeter des cailloux doucement contre une vitre&#8230; Et pas trop doucement non plus, sinon \u00e7a sert \u00e0 rien&#8230; Pff \u00c7a r\u00e9agit pas et de toute fa\u00e7on, je sais m\u00eame pas si c\u2019est la bonne fen\u00eatre&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Tant pis, solution radicale : je vais sonner chez le pote qui m\u2019a emmen\u00e9 chez eux ce soir-l\u00e0. Heureusement, il n\u2019habite pas loin et en plus il a un interphone qui donne direct sur la rue (\u00e7a devient rare).<\/p>\n\n\n\n<p>je sonne j\u2019attends<\/p>\n\n\n\n<p>Rien. Normal&#8230; Apr\u00e8s tout, il doit dormir ce con.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sonne je sonne j\u2019attends je sonne je sonne je sonne je sonne j\u2019attends ah ! \u00e7a y est. Bon, eh ! eh ! D\u00e9sol\u00e9 de te r\u00e9veiller, vieux&#8230; je lui raconte ma lamentable aventure et il me donne un indice pr\u00e9cieux : le code d\u2019entr\u00e9e de l\u2019appartement ! Il va aussi les appeler, l\u00e0, maintenant !<\/p>\n\n\n\n<p>OK \u00e7a s\u2019arrange. Je retourne \u00e0 l\u2019appartement en question : c\u2019est toujours dans le noir&#8230; Merde qu\u2019est-ce que je fais&#8230; Bon je rentre dans le hall&#8230; Allez, je sonne. J\u2019en ai marre, je suis fatigu\u00e9, je veux mon sac, je veux dormir&#8230; La porte s\u2019ouvre ! Je m\u2019excuse platement devant le monsieur aux yeux gonfl\u00e9s de sommeil et je cherche ma pochette dans le salon&#8230; Mais elle est o\u00f9 bordel !?!<\/p>\n\n\n\n<p>Aurais-je hallucin\u00e9 depuis le d\u00e9but ?<\/p>\n\n\n\n<p>Aurais-je-mal-regard\u00e9-dans-ma-voiture-par-exemple ?? Aaaaarg !!<\/p>\n\n\n\n<p>Ah non ! ouf. Victoire, la voil\u00e0 !!<\/p>\n\n\n\n<p>Plate et replate excuse au monsieur qui dort debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi et boum, c\u2019est parti pour rentrer \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Que d\u2019\u00e9motions ! C\u2019est qu\u2019il est quasi 2h du matin maintenant&#8230; J\u2019ai plus sommeil, j\u2019ai faim.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<p><strong>Micro-nouvelles \u00e9crites pour un site collectif dont le principe \u00e9tait d\u2019\u00e9crire de courtes anecdotes, dont on avait \u00e9t\u00e9 l\u2019acteur direct, indirect ou le t\u00e9moin\u2026 Le projet a dur\u00e9 de 2002 \u00e0 2008. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/gabzeta.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/10minutes-archives\/dixminutes.ouvaton.org\/spipfa96.html?page=article\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/gabzeta.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/10minutes-archives\/dixminutes.ouvaton.org\/spipfa96.html?page=article\">Archive disponible avec tous les auteurs<\/a> (mais moyennement fonctionnelle). <\/p>\n\n\n\n<p>Originellement publi\u00e9 en ao\u00fbt 2009<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Micro-nouvelles \u00e9crites pour un site collectif dont le principe \u00e9tait d\u2019\u00e9crire de courtes anecdotes, dont on avait \u00e9t\u00e9 l\u2019acteur direct, indirect ou le t\u00e9moin\u2026 Le projet a dur\u00e9 de 2002 \u00e0 2008. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3870,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3696","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-textes"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/gabzeta.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/esper01.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3696","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3696"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3696\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3866,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3696\/revisions\/3866"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3870"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gabzeta.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}